‹ Le point-d'honneurChapitre 4 sur 33 · MA.RT1AI · texte numérisé non relu

MA.RT1AI

La carte de mon restaurant : Martial, loge à pied et à cheval. Tu vois : hôtel des Trois Pavillons.

VICTOIRE

J'Ies aime, moi , vos trois pavillons.

MARTIAL

AIR : J'ai VU le Parnasse des Dames.

C'est griice à leurs noms , i'aime à l'croirc , Que mon liûtcl fi du succès; Toujours clans l'pavillon d'Ia Gloire J'ai beaucoup d'officiers français.

Celui dTAmour plak aux jeun's dames \ Mais, en trois ans, j'n'ai pu jamais "Voir les maris avec leurs femmes.

Rester dans l'paviilon d'Ia Paix.

VICTOIRE

Allez; donc, mauvais plaisant ! c'est ça qu'entre eux les hommes ne se disputent pas !

MARTIAL

Non j ils se battent entre eux , les hommes.

VICTOIRE

Comment 1 vous vous balteriez!.. . .

MARTIAL

Moi? ah bon ouil Restaurateur, je pousse à la vie , et je promets que nous vivrons bien : j'ai , depuis quelques années , le restaurant le plus goûté de la ville de Âletz. D'ici à un mois, tu vends ton fonds d'bianchisseuse , j'te place dans mon comptoir , tout roui' sur toi^ mon n'vcu m'reniplace à l'ofilce; l'vieux brocanteur, qui vi^iit d'acheter le château de Saint-Florent, jn'cède sa maison d'affaires.. . . ces maisons-là ça marche.. . .

VICTOIRE

O Dieu, oui, ça marche J'iai vu pauvre quand j'étais

p'fite, c'vieux acheteur de château, mais pauvre !.. . . et quelles olfaiics fju i' f'sait donc?

MARI lAL.

Toutes. On appelle ça cumuler ; c'est la mode.

AIR du major P aimer.

On vend des vins, des fourrages , On procure des commis ,.

On jirète 8ur de bons gages , Pour obliger ses amis.

Dans un' grand' salle on dispose Mille objets neufs ou d'hasard , Et, pour fair' mousser sa chose, Sur sa porte on met : Bazar.

On tient l'entrepris' des fêtes , X)n vend des schals, desdiaraans, Des perruqu's pour les vieill's têtes.

Pour les jeun's femm's des romans j D'ia dentell' pour les mariages , Des crêp's pour les enler'mens , Du fard pour tous les visages.

Des vers pour tous les momens.

L'comraerc' p'tit à p'tit prospère , On prend un essor nouveau, Puis on s'achète une terre. Puis on s'bâtit un chûteau j Puis on d'vient un personnage; En ville on tient le haut bout :

Vlà comm' le maquignonnage Mène un honnête liomme atout.

Mais , en attendant, il faut songer à notre repas : c'est un déjeuner de réception que ces messieurs m'ont commandé.

VICTOIRE

Pourvu qu'ils n'soient pas en train de me faire enrager tomme à l'ordinaire , ces messieurs !.. .

' MARTIAL

Bath ! quand ça ne va pas trop loin. . . .

VICTOIRE

Je n'en connais qu'un de raisonnable.

MARTIAL

Et c'n'est pas celui que tu aimes le plus.

VICTOIRE

Ah! faut pas dire ça : j'aime W. delUirval... oh! je raime!...

MARTIAL

Comme uti père !

VICTOIRE

Dam' I c'est le plus âgé

, MARTIAL

C'est là un brave homme ! un homme respectable!

Un peu bizarre, un peu singulier dans ses manières.

MARTIAL

Mais solide au poste. . . . avec son regard fier et sa figure bronzée de vieux soldat. {^Musique ).

VICTOIRE

Ah I voici ces messieurs qui reviennent de la manœuvre I

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