SCENE III
VICTOR, FÉLIX, M. de MIRVAL; Officiers.
DE MIRVAL
Je vous demande pardon, messieurs, si je me suis fait attendre.
FÉLIX
M. de Mirval n'a jamais besoin d'excuses auprès de nous.
AIR clu Petit Courrier.
Enchantés de nous retrouver Ce matin avec vous encore ; Votre présence nous honore , Nous aimons à vous le prouver.
Modeste et brave militaire , IModèle entre les ptus vaillans , Nous vous regardons comme un père Qui sert de guide à ses cnfans.
DE MIRVAL
C'est lendic justice à mes sentimens, mes clicrs camarades.
VICTOR
Si M. de Mil-val avait voulu faire valoir ses droits, il serait aujourd'hui noire colonel. •
TOUS
C'est vrai.
DE MIRVAL
Eh ! mes amis , je suis content de mon sort. AIR : A. soixante ans.
Des biens, des rangs le hasard seul déciile : Tout, ici bas, tient, je crois, au bonheur. L'ambition ne fut jamais mon guide , Rien de re'el , rien de heau que l'honneur. Des anciens preux , de leur noble franchise, Le souvenir en tout temps restera 3 Rallions-nous à leur vieille devise ; « Fais ce que dois, advienne que pourra. ».
Messieurs , d'oii nous vient le nouveau capitaine que nous attendons aujourd'hui?
FÉLIX
D'un e'tat- major, qui a déjà fourni d'excellens officiers au régiment.
DE MIRVAli.
Cette nomination me surprendrait si vous n^eussiea pas tous obtenu l'avancement que vous méritiez.
VICTOR
Vous seul , n'avez pas.. . .
DE MIRVAL
A la vérité , j'ai des titres. Resté seize ans capitaine , un jour, je fus nommé major sur le champ de bataille. Je ne sais par quelle fatalité le brevet ne m'est pas parvenu. Pour l'ob— tenir maintenant il faudrait solliciter, et je vous l'avouerai.. .
VICTOR
Monsieur de Mirval n'a jamais été courtitan»
nz aiU'wVAL.
Et ne le sera jamais.
S'il était un peu joueur au moins , en attendant le nouveau frère d'armes, il viendrait avec nous.
VICTOR
Faire la partie de billard.
FÉLIX
Soyez-donc des nôtres, capitaine.
DE MIIVVAL.
Je vous prie de m'en dispenser. . . . quelque chose m'occupe en ce moment.
VICTOR
Nous ne voudrions pas vous contrarier. Messieurs, au billard.
CHOEtJR.
AIR : yole , vole y prends ta course. (Yaiide ville des Femmes volantes. ) Qu'avec la bille le temps roule , ]\os plaisirs doivent s'enchaîner j • Allons essayer d'une poule , En altendantle de'jeuner.
FÉLIX
Nous nous hlousoas tous à la ronde , Les petits, les grands, tôt ou tard:
Bienheureux celui , dans le monde , Qui ne se blouse qu'au billard.
CHOEUR
Qu'avec la bille le temps roule , etc.
( Us sortent. )