‹ Le poison dans l'histoire et les grandes empoisonneuses [microforme]Chapitre 19 sur 19 · L'affaire Lafarge” : 1 Malouvier, Thèse Paris · texte numérisé non relu

L'affaire Lafarge” : 1 Malouvier, Thèse Paris

confiante amie’, Et ce vol et cet empoisonnement, joint à la renommée que lui vaut sa réputation de menteuse de ses jeunes années, suffisent à la caractériser.

Les poisons, cependant, ont fort peu varié, et malgré la connaissance des alcaloides puissants qui laissent bien loin en arricre tous

les produits employés, l'arsenic garde toujours le premier rang

sur la liste qui s'étend un peu plus. Lorsque le peuple se convaincra par lui-même de la facilité relative de la recherche des uns et des autres qui ne laisse plus impuni le crime le plus mystérieux, grâce aux données nouvelles, le poison peu à peu disparaitra laissant la place à des armes plus brutales, mais aussi moins lâches Parceque moins cachées. En attendant, on voit enccre une petite bretonne, Hélène Jagado, empoisonnant en 17 ans trente personnes par l'arsenic, des allemandes, Gottfried, Ursinus et Zwanziger se servant du même produit, une femme Van der Linden, utilisant 102 fois le même procédé pour donner 27 victimes !. Et cela pour ne citer que les classiques Le poison jusque !à est resté l'arme féminine qu'osent encore préconiser hier un groupe de suffragettes retardataires pour qui le geste d'un revolver semble avoir passé inaperçu.

Mais entre le criminel d'hier et celui d'aujourd'hui, tout un monde a passé qui fait JL: données composites, s'appelle la civilisation. Les dirigeants ont peut-être cherché dans un autre ordre d'idées l'expression des passions qui ne peuvent s'éteindre, ils ont cédé le pas dans le crime brutal, aux rebus sociaux que l'éducation saine n'a pas encore pénétrés. Ils se sont laissés remplacer par tous ces éclopés que des tares diverses, entretenues par une ignorance voulue, ou plus souvent par une formation faussée, ont laissés au ruisseau.

1. Louis André: Madame Lafarge voleuse de diamants. 2. Vibert. Toxicologie,

Au réveil de ce long cauchemar qui embrasse l'histoire et où nous avons vu défiler se bousculant dans leur avance, les criminels de tous les siècles, pantins tragiques au masque sinistre ou à la noire cagoule, quel soulagement et quelle douceur, de se retrouver au contraire au milieu d'un salon où le féminisme de bon aloi est venu apporter la vie saine d’un siècle qui pourtant a ses faux pas.

Comme il se dégage bien alors le rôle important de cette psy-

chologie féminine façonnée dans le passé par les mœurs et la s0ciété, l'éducation et l'instruction, pour aboutir à l'être de douceur et de charme qui triomjhe aujourd'hui, mieux compris et plus tibre. Comme il ressort nettement que ce cœur si vrai, si sensible et si bon, faussé, durci et rendu mauvais par l'acte de l'homme seul, ne peut que revenir à son état normal, le jour où chacun comprenant son devoir, saura également le remplir sans qu'un sexe l'emporte par la domination. Comme elle s'éclaire d'un éclat plus brillant, d'une lumière plus vive, d'un rayonnement divin, l'importance désormais acquise à l'action féminine dans notre société, Car c'est à vous, Mesdames, que revient de droit et de fait, le geste sauveur qui par les sentiers difficiles, vous fera tendre la Main au criminel, au dévoyé mieux compris, que vôtre cœur seul pourra toucher, transformer et sauver. Penchées sur ces douleurs contre lesquelles vous savez lutter par le mot qui console et le geste qui allège, vous poursuivrez ici votre idéal. Car le crime en est bien de cette douleur humaine, la manifestation la plus complète, s'étendant en même temps du moral au physique. Nouvelles infrmières des âmes, vous traiterez les consciences, comme vous pansez les plaies.

Page 1