SCÈNE XVL
Les MÊMES, LAURENTIN, M. et M™ BEL- TOIS.
LAURENTIN , sortant du cabinet et parlant à la cantonade.
Bien, monsieur, bien... Je vous jure que je m'en vais.
ADÉLAÏDE
Comment... comment... il s'en va!...
LAURENTIK *.
Oui , mon cher... j'ai promis à M. Beltois de ne pas vous tuer...
ADÉLAÏDE, le prenant au collet.
Et moi, je veux que tu me tues!... Misérable fanfaron... es-tu prêt au combat?... je le suis, moi!... je le suis... Un combat à outrance, à mort!... un combat de bétes féroces!... Marchons!...
AMAKDA.
O ciel!...
AUGUSTE, la retenant.
Laissez, laissez!
■ Adélaïde , Lauve ntiii , Amanda , Auguste.
LAI;rE«T1S, reculant.
Ah çà... à qui en a-t-il?lla l'air en fureur...
ADÉLAÏDE
A qui?... mais à toi... à toi... Ah! tu veux être satisfait... Je vais t'en donner, de la satisfaction... moi...
( Il lui saute de nouveau au collet.) AUGUSTE, retenant Amanda.
Bien! bien!...
LAVnENTI>.
Eh ! mais... voulez-vous ne pas me toucher!...
ADÉLAÏDE , le secouant.
Si je veux te toucher, moi... Effroyable vampire... tu veux mon sang...
AMANDA
Adélaïde !...
LAURENTIN, se débattant.
I^âchez-moi!... lâchez-moi!... (Bas.) Ce n'est pas sérieux, n'est-ce pas?
ADÉLAÏDE
Ce n'est pas sérieux !... il demande si c'est sérieux... Tourne-toi. (Le faisant tourner et lui donnant des coups de pied. ) Tiens! tiens! ton Coup de pied deTOpéra-Comique, le voilà... en voilà quatre... en voilà six...
LAURENTIK.
Mais voulez-vous finir!... Il m'étrangle.
(Adélaïde fait pirouetter Laurentin en le poursuivant à coups de pied; Bellois, qui entre au milieu de la mêlée , en reçoit un par erreur. )
BELTOIS et MADAME BELTOIS, arrivant *.
Eh bien!... qu'est-ce qu'il y a?... ces cris...
AMANDA
Mon papa...
AUGUSTE
Une petite explication entre ces messieurs.
LAURENTIN.
Laissez-moi... (A part.) Je n'y suis plus du tout...
ADÉLAÏDE, le tenant au collet.
Mais viens donc! viensdonc!... Au pistolet... àl'épée! en tierce, en quarte, en octave.
LAURENTIN.
Au secours!...
ADÉLAÏDE
Air : Venez, mon père, allons, vous serez roi. Viens donc , morbleu ! ... viens donc ! tu le battras !
BELTOIS.
Le gaillard ! il a la main forte !
LAURENTIN.
J'étouffe !
AMANDA
Empêchez qu'il ne sorte.
ADÉLAÏDE
Je n'entends rien... lu prendras l'air en bas !
BELTOIS.
Je suis content, il ne craint rien.
' Beltois, Adélaïde, Laurentin, Auguste, niadamc lîcltois, Amand.T.
AnÉLAÏDR.
Ail ! ne crois pas que je te lâche!
AUGUSTE, à Beltois *.
Ce n'était, vous le voyez hien , guuii poltron... mais l'autre est un lâche.
ENSEMBLE
ADÉLAÏDE
Viens donc, morbleu ! viens donc, tu te bâtiras !
Tu verras si j'ai la uiaiu forte !
Et, puisque tu veux que je sorte , Sors avec moi, tu prendras l'air en bas.