‹ Le pont des soupirs opera bouffon en deux actes et quatre tableauxChapitre 14 sur 67 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

L’amiral Cornarini Avec nos vaisseaux est parti !

Il trotte, trotte, trotte, trotte ; La mer s’ouvre devant lui ;

Il n’aperçoit pas l’ennenii.

Il flotte, flotte, flotte, flotte !

Amiral, en vérité.

N’a jamais si bien flotté !

TOUS

Amiral, en vérité,

N’a jamais si bien flotté !

CASCADETTO.

L’amiral Cornarini S’avance brillant et hardi ;

Il semble, semble, semble, semble Qne tout fuira devant lui;

Mais quand apparaît l'ennemi.

Il tremble, tremble, tremble, tremble !

Amiral, en vérité.

N’a jamais si bien tremblé !

TOUS

Amiral, en vérité.

N’a jamais si bien tremblé !

ni

CASCADETTO.

L’amiral Cornarini Se dit : il faut prendre un parti Habile, bile, bile, bile ;

Si mon courage est parti.

Je m’en vais courir après lui; Je file, file, file, file 1 Amiral, en vérité.

N’a jamais si bien filé 1

TOCS.

Amiral, en vérité.

N'a jamais si bien filé !

CASCADETTO.

L’amiral Cornarini Mérite bien d’être puni 1

On offre, on offre, on offre, on offre,- A celui qui le prendra.

Un monceau d’or qui remplira Un coffre, coffre, coffre, coffre ! L’amiral, en vérité.

Sera bel et bien coffré !...

TOUS

L’amiral, en vérité.

Sera bel et bien coffré 1

TOUS

Bravo ! bravo !

CA.SCADF.TTO. '

Mort à Comarino !

TOUS

Mort à Comarino! (Cornarino se redresse brusquement à ce cri, et retombe dans les bras de Baptiste.)

CASCADETTO.

Avis : On a lieu de penser que l’ex-amiral est caché à Venise. Le devoir de tout bon citoyen est de le livrer, ( n fait retourner des oriflammes sur lesquelles sont les portraits de Comarino et de Baptiste, le premier avec une longue barbe et le second avec d’énormes moustaches.) Pour en faciliter les^moyens à tout un chacun, voici le signalement et le portrait de Cornarino, ainsi que celui de son fidèle écuyer Baptiste, egalement condamné à mort. (Baptiste à son tour tombe dans les bras de Cornarino.) Le tout ne se vend que deux sous, avec la complainte! Demandez, messieurs, qui en veut ?

TOUS

Moi! moi!...

CASCADETTO, à Baptiste et à Cornarino, qui sont dans la foule, tremblants tons deux et sè soutenant l’un l’autre.

Eh ! vous autres, là-bas , le petit gros et le grand maigre, vous n'en achetez donc pas ?

BAPTISTE, bas.

Nous sommes perdus.

CORNARINO, bas.

Achète, Baptiste, achète!... Il est dit que nous boirons le calice jusqu'à la lie.

BAPTISTE, achetant la complainte.

Elle est charmante, monsieur, cette petite chanson!..,

CORNARINO , s’oubliant.

Et le portrait est bien ressemblant.

CASCADETTO.

Vous connaisses donc l’amiral ?

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