DIFFICULTÉS DE L'ÉLECTION
populo ; et, à la même époque, le pape Hadrien Ier écrivant à Charlemagne réclamait l’application constante du même décret : que l’évêque soit a clero et plebe cunctoque populo electus canonice 1.
Ce pouvoir d’élection était du reste entouré des précautions nécessaires, de nature à l’empêcher de dévier de la voie droite ; il n’agissait que sous le contrôle de l’autorité supérieure, seule compétente pour fixer définitivement les choix, dotée par ailleurs de tout pouvoir pour les modifier au cas où les passions populaires parvenaient à proposer des sujets indignes. En fait, les élections épiscopales rencontrèrent au cours des âges des obstacles de tout genre. À mesure que se développèrent les communautés, il devint plus difficile de réunir les suffrages de tous sur un même candidat, et de bonne heure les élections suscitèrent des luttes de partis. Dès le IIIe siècle, en pleine persécution, le peuple romain donna le mauvais exemple de la division, et au pape légitime une faction de séditieux opposa un intrus ?.
La chose devait se reproduire souvent dans la suite des siècles ; c’est ce qui trop fréquemment fournit aux pouvoirs civils l’occasion et le prétexte d’intervenir dans le choix des évêques. L'Église se voyait elle-même dans la nécessité de recourir au bras séculier pour réprimer les émeutes et faire respecter le droit, mais elle empêchait en même temps les grands de s’immiscer dans les élections. Cependant elle se résigna, pour éviter de plus grands maux, à demander le consentement du pouvoir civil après les élections * ; plus