‹ Le pontifical romainChapitre 34 sur 240 · PONTIFICAL DE · texte numérisé non relu

PONTIFICAL DE

Pour le détail, Piccolomini déclare avoir supprimé ce qui lui semblait superfiu :

A Certains rites tombés en désuétude : l'expulsion des pénitents le mercredi des cendres, et leur réconciliation le jeudi saint. Durand les avait empruntés à l’Ordo romain vulgatus ; mais l’Ordinarium papale du XIVE siècle les avait déjà supprimés comme hors d’usage, et les avait remplacés par l’ordo ad dandam pœnitentiam et ad reconciliandos pœnitentes. Ces rites reparaîtront plus tard dans le Pontifical romain en raison de l’intérêt qui s’attache à leurs formules.

20 Les formules à l’usage des simples prêtres: Durand avait déjà fait de même, comme on l’a vu plus haut. Piccolomini comptait réunir ces formules à part et composer l’équivalent de notre Rituel : il n’en eut pas le loisir.

D'autre part il déclare avoir emprunté aux Cérémoniaux manuscrits de la cour pontificale, (le sien n’était pas encore rédigé), ce qui manquait au Pontifical de Durand de Mende, à savoir quelques formules peu usitées : pour la promotion d’un chevalier, les bénédictions spéciales des ornements, des pyxides et des reliquaires, la réception des princes et enfin la bénédiction pontificale.

Une dernière série de détails que mentionne Piccolomini précise l’attitude du pontife pendant qu’il officie. La chose avait d’autant plus d’importance et d’opportunité que les divergences s’accusaient plus nettement dans la pratique, nuisant ainsi à la dignité des cérémonies pontificales.

Quand le pontife doit-il porter la mitre ?

Quand doit-il ia déposer ?

À quels moments convient-il qu’il soit debout ? Quand au contraire doit-il être assis ?

Autant de questions à résoudre d’une façon rationnelle et conforme aux traditions ; le rédacteur du Pontifical y répond d’une manière si satisfaisante que la pratique n’a plus varié.

1. Durant les admonitions aux ordinands, quand il leur confère le sacrement et leur livre les insignes

et instruments, le pontife reste assis et mitré, sedeat infulatus.

2. Quand tourné vers le peuple il lui adresse la parole ou l'invite à prier, il est debout et mitré, stet cum mitra.

3. Lorsqu’enfin il adresse à Dieu ses supplications, il le fait debout et découvert, sine mitra stans supplex oret À,

Ainsi revu et complété à l’usage des évêques, le Liber Pontificalis de Piccolomini fut présenté au Pape Innocent VIII, et imprimé à Rome en 1485. Quelques erreurs s’étant glissées dans les réimpressions, une nouvelle édition corrigée fut donnée à Rome en 1497, sous le pontificat d'Alexandre VI, par les soins de JACQUES DE LucrIs et du même Jeau Burchard, ancien collaborateur de Piccolomini.

En 1511, une édition nouvelle du Pontifical de Prcco- LOMINI parut à Venise et à Lyon, sous le titre PONTIFICALE noviter impressum perpulchrisque characteribus diligentissime annotatum. C’est ce qu’on appelle le « Pontifical de JULES II. » Remarquer le nom de PONTIFICALE, que portait le titre. Cependant à l’intérieur du volume on avait conservé le terme sous lequel on l’avait désigné à la suite de Durand de Mende : Pontificalis ordinis liber. Cette réimpression contient, comme les éditions précédentes, la lettre dédicatoire de Piccolomini à Innocent VIII. Elle reproduisait à la fois la première édition et les corrections de Jacques de Luciüis. En appendice, après Pexplicit « Pontificalis liber explicit feliciter », on ajoutait les Bénédictions épiscopales pour la messe pontificale, particularité gallicane que l’Église romaine n’a jamais admise pour ellemême. L’Ordinarium papale n’en portait pas de trace, non plus que le recueil de Piccolomini (1485, 1497), quoique celui de Durand de Mende les eût au grand complet.

On les retrouve aussi dans une nouvelle édition du Pontifical

1. Nous trouverons l’application de ces règles dans le Pontifical.

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