SCÈNE III
GILBERT, seul.
Où suis-je donc? où suis-je... chez moi. J»; dormais... oui... Pourtant je suis bien certain d'avoir vu... ( Use Ici e. va remonter la lampe , regarde une dernière (ois et semble un peu soulagé. .) Celait un rêve... un rêve... ( Fris-
sonnant et avec une sourde résolution.) Je ne dormirai plus, jamais... je demanderai l'insomnie au travail... à un travail acharne.
(Fièvreusement en allant s'asseoir a son bureau.) C’est cela... travaillons... travaillons... mon sujet est superbe. La volonté... Je prouve que l’homme, vraiment digne de ce nom, peut conquérir assez d’empire sur lu'-même, pour braver la crainte, le remords, et que fort, de si conscience... (Ecritsanl.) Quand je dis la conscience... c’est quelque chose de hum vague et de bien mobile... Ainsi la conscience du jour n'est pas celle de la nuit. Non... mettons le mot véritable ! la raison... Où en étais-je?. . . Revoyons un peu... Oh! je saurai bien contraindre ma pensée à prendre un autre cours. (Lisant.) Mort... trois cent nulle francs.. Le fleuve. . Rosalie... Thil... (S’interrompant tout à coup. Il se retourne brusquement et regarde autour de fui.) Mais qu’cst-ce que j'ai donc écrit ià, moi C'est un aveu, une confession complète Quoi!...... ma main elle-même ne
trahirait Je n’écrirai plus (Il déchire
ta feuille et va la jeter arec force dans U
feu qu’il ravive.) Lisons! Car, je ne veux
ni dormir, ni me rappeler..,.. Je ne le veux pas... (Il prend un journal sur la cheminée ) Lisons... « Un phénomène étrange vient de se n produire en Suède, et démontre une fois de » plus, tout ce que peuvent, sur l’imagination » d’une femme euceinte, la terreur et le re- » mords. » (Rejetant le journal.) Partout et toujours ce souvenir maudit!.,. Eh Lieu soit... je ne lirai pius!... mai» je ne veux pas dormir ... et pour me tenir eveillé, je compterai les minutes s’il le faut!... Tout cela ne saurait ui’elTraycr... U est certain que c'est le résultat du hasard... mais d'un hasard bien obstiné... [Luttant contre le sommeil.) Oui ... Il est certain, cependant, que si je n’étais pas coulublu... tout cela me serait indifférent... je n’j ferais même pas attention... Ab ! j'ai la fièvre... le frisson...
(Il rapproche de la chemisée an grand fauteuil, qui tourne tout à fait le do# au public. Dana ce maovement, t’ opère un changement. Gilbert *ort par une trappe pour jouer son rôle dans la fauUsuugorie. Un acteur vêtu exactement comme lui.
prend en place dans le fabtenil, qui le oacbe aa publie.)
la voix de gilbert. J’ai beau lutter... je tombe de fatigue et de sommeil. (Il est censé dormir.)
Sixième tableau.