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Les résultats de la campagne de 1931 ont été bons, au point de vue de la quantité de morue capturée. Un effondrement complet des cours s’est là aussi produit. Les armateurs sont obligés de stocker, car la vente de la morue est devenue fort difficile et peu rémunératrice.
Certaines industries annexes de la pêche sont installées à La Rochelle. Nous examinerons par la suite celles qui procurent aux chalutiers le combustible nécessaire ainsi que les chantiers de constructions navales qui s'occupent de la réparation et de l’entretien des navires.
Signalons dès maintenant que trois glacières fournissent aux chalutiers les 60.000.000 kilogrammes de glace qui leur sont nécessaires annuellement. Il faut pour l'expédition du poisson de 260.000 à 300.000 caissettes en bois par an. Douze maisons fournissent aux armateurs les approvisionnements qui leur sont nécessaires pour la pêche. Certaines usines se sont spécialisées dans l’utlisation des sousproduits de la pêche et fabriquent des engrais de poisson et de la farine de poisson.
Enfin, il existe quatre usines de conserve de poisson.
L'industrie de la pêche est une des principales sources de la richesse de La Rochelle. Tous les efforts possibles sont faits par le syndicat des armateurs afin de faciliter son développement. Certaines améliorations sont encore désirables. Les armateurs se plaignent de ne pas posséder au port de La Rochelle-Ville des cales sèches pour le carénage des chalutiers. Il existe bien un gril de carénage dans le havre d’échouage, mais ses dimensions trop exiguës ne lui permettent de recevoir que de petits chalutiers. Actuellement, les navires qui ont besoin de réparations sont obligés de se rendre à La Pallice. Les formes y sont souvent occupées et ils attendent parfois plusieurs jours avant de pouvoir y être admis, d’où grosse perte de temps et d'argent.
Les chalutiers seront bientôt à l’étroit dans le bassin extérieur qu'ils partagent avec les cargos. Les améliorations terminées en 1925 ont apporté un remède provisoire à l’état de chose existant antérieurement. Il est à noter que le coût des travaux a été supporté exclusivement par les armateurs à la pêche puisque pour solder la dépense, il fut établi par un décret du 20 juin 1921 une taxe de péage sur les chalutiers à vapeur de 1 fr. 20 par tonneau de jauge et par marée, taxe ramenée à un franc par un arrêté du Ministre du Commerce et de l’Industrie, en date du 29 Mai 1920.
Le bassin actuel peut suffire aux besoins d’une centaine de chalutiers. Il en existe, aujourd’hui, environ 80. Mais il faut prévoir le jour où le bassin deviendra insuffisant. Il existe un projet grandiose
qui consisterait à creuser dans la plaine de Vaugoin, à mi-chemin entre La Rochelle et La Pallice un port national de pêche en eau profonde. Le projet, approuvé par une décision du Sous-Secrétaire d'Etat aux Ports, à la Marine Marchande et aux Pêches du 11 février 1920, prévoit un bassin à flot de quinze hectares.
Mais ce projet exigera des travaux d’un coût élevé. Les crédits votés par le Parlement pour la création et l’amélioration des ports de pêche ont été employés à la création du port national de pêche de Lorient Keroman. Les travaux devraient être entrepris pour la plus grande partie aux frais des intéressés, ce qui exigerait de leur part de très lourds sacrifices. Ces considérations ont fait jusqu’à ce jour retarder ia mise en exécution du projet, la Chambre de Commerce préférant actuellement employer toutes ses disponibilités financières pour mener à bien la construction du môle d’escale de La Pallice.