COMMERCE DE FEMMES
Les Anglais ont blâmé hautement ld traite des nègres, ils ont aboli ce commerce infâme ; cependant , il est des spéculateurs qui envoient de très belles femmes dans les établissements de l'Inde ; ils les vendent à de riches nababs, ou à des Européens, qui les payent fort cher • mais ce qu'il y a de plus déplorable, c'est qu'il arrive souvent qu'on les met en loterie dans les maisons de jeu. On lit dans le moniteur de Grimsby, du 5 septembre 1818, l'avertissement suivant.
« Le public est averti que six jolies dames avec deux charmants enfants, amenés d'Europe, d'une beauté remarquable, d'un caractère plein de douceur , et qu'on ne peut voir sans intérêt, seront joués dans la maison voisine de la galerie Britannique. Jeu, douze billets à douze roupies chacun. »
LES FEMMES. l63
Voilà ce qu'on publie dans la feuille de Calcuta ! Certes, on ne peut faire un plus grand outrage à la morale ; et cette coutume abominable règne dans une colonie soumise aux lois anglaises et au gouvernement de la Grande-Bretagne !