‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 77 sur 102 · MADEMOISELLE DE LESPINASSE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE LESPINASSE

L'éloge que Marmontel fait de mademoiselle de l'Espinasse est peut-être le plus flatteur qu'une femme puisse mériter.

«En parlant des grâces, ditMarmontel, je ne dois point oublier une personne à laquelle elles prodiguèrent tous leurs dons.

C'était la seule femme qu'on vît chez madame Geoffrin , dans les dîners qu'elle donnait aux hommes de lettres. Je veux parler de mademoiselle de l'Espinasse. Décence , raison, sagesse, talent, âme ardente, imagination de feu, elle réunissait tout. Mais cette flamme intérieure, qui donnait à son esprit tant de charmes , tant de brillant et d'activité, la consuma avant le temps. Sa présence ajoutait beaucoup d'intérêt à nos repas. Objet de l'attention générale , soit qu'elle gardât le silence ou qu'elle prît part à la conversation , sans coquetterie , elle inspirait un désir innocent de lui plaire -y elle nous faisait sentir sans pruderie jusqu'où pouvait aller la gaîté sans passer les limites de la décence. »

Page 1