LOUISE, NANTEUIL, GENEVIÈVE
K45TIC1L, allant au devant de Louise .
Am de la Marquise de Prelintaille.
La voil*N , cV*t elle !
Oh ! oui , c’est bien elle ;
Que ce jour est doux Pour nous î La voilà , c’est elle !
Louise est fidèle A ce rendez-vous !
Je désespérais... quel destin contraire ,
A donc , ce matin, retenu vos pas?
Lorisc.
Mon père est absent , j’ai craint que ma mère Ne me défendit de sortir , hélas î
lUXTBUIt*.
Louise , c’eût été dommage.
Après avoir tant attendu!
loeitt.
Allons , mettons-nous à l'ouvrage ,
Et réparons le tenu perda !
haktbiil et tonus.
La voilà , c'est elle , etc.
Geneviève, essoufflée. Comme le cœur d’une pauvre femme lui bat , quand elle a monté cinq étages.
NANTEUIL. Ah ! c’est vous , ma bonne Geneviève?... asseyez-vous. ( A Louise. ) J’ai vu votre père... il sort de mes ateliers
LOUISE. Cc matin , il a parlé de vous à ma mère !... il nous a dit qu’il était chargé de vous voir. .. ce qui uous inquiétait beaucoup , car , ne sachant pas l’heure de sa visite , maman , dans la crainte que je ne le rencontrasse , avait presque décidé que je manquerais ma leçon... mats je lui ai fait sentir que , d’ici à la fête de mon père, il n’y avait plus que deux jours , et qu’il restait encore bien des choses à faire à son portrait.
nanteuil. Nous nous sommes quittés fort satisfaits l’un de l’autre , il m’a même invité à l’aller voir.
LOUISE. Alt! vous viendrez, n’est-ce pas?... Maman sera si contente! ...
nanteuil. Et vous?...
LOUISE. Ah! quand maman est contente... je le suis toujours...
Geneviève. Mademoiselle Louise, vous savez que madame à bien recommandé de n’etre pas long-tems. .. Nous avons encore h aller chez votre tante , et puis nous reviendrons pour emporter le portrait.
LOUISE. Maman brille d’envie de le voir !...
Geneviève. Allons, travaillez.. Moi,
LE FOETRAIT
je veis me reposer , je n’ai encore rien fait de la journée, et je suisdéjà lasse. {rt part.) Ne perdons )>as de vue ces jeunes gens...
(F.llc Ta s'asseoir sur un fauteuil dans le fontl , pendant qnc Nanteuil décroche le portrait de M. Jonblio.)
LOI ise , le regardant. Ah ! mon Dieu !
si wteuil. Quoi donc?
LOUISE. Mais, vous y avez touché!...
vous l’avei 6ni !
NANTEC1L , lui montrant Geneviève. Plus bas... Hier soir... en pensant à vous, j’ai donné, par-ci, par-là , quelques coups de pinceau, à la veste... A l’habit...
LOUISE , faisant une petite moue. Et à la figure... A présent que vous arei tout terminé , qu’est-ce que nous allons faire?...
navteuil. Nous allons reprendre la conversation d’hier. Oh ! quejevous dise...
j’ai trouvé mon Satan.
LOUISE. Bah!... où ça donc?
NANTEUIL. Rue aux Ours... un homme d’une laideur superbe... qui a passé mes espérances !
Louise. Plus laid que M. de Roquelaure?
nanteuil. Oh ! bien supérieur A M. le duc sous ce rapport-là !..
Air : Je suis la petite bergère.
Figurez-vons ni» homme *ec et maigre »
Le corna iluct , le col tendu ,
L’oeil d’un limon, le ne* d'un nègre»
La bouche grande et le menton pointu.
Kn regardant ce visage effroyable ,
Je me suis dit : Mon succès est en tain »
Cor , entre nous , si ce n'est pas le diable 1 C'est son bcau-frcrc ou son cousin-germain.
LOUISE. Ainsi plus d’obstacle?
nanteuil. Non... il doit venir ce matin»
je lui ai donné mon adresse. . . il ne se doute de rien... mais une fois qu’il sera ici... il n’en sortira qu’à bonne enseigne.
LOI’ l SE. Ce tableau-là va vous faire une réputation !..
NANTEUIL. Oh ! si je désire de la fortune»
de la gloire... c'est pour la partager avec vous, Louise.
LOUISE. Vous m’aimez donc bien?..
nanteuil. Si je vous aime !., bien autrement que Raphaël, le Corrége, Rubens.
Geneviève , endormie. Dépêchez, dépêchez...
LOUISE. Ecoutez, monsieur Nanteuil...
je ne crois pas faire mal en vous disant ce que je pense, car maman le sait déjà... j ai beaucoup d’estime, d’amitié pour vous...
je serais, je crois, bien heureuse de porter votre nom... mais papa exigera peut-être que vous soyez plus avancé que vous ne l’êtes... Eli bien! s’il faut attendre... deux
ans... quatre ans, j’attendrai ; ainsi... travaillez... travaillez bien.
Air de Jeannot et Colin.
Louise , tendre et sage ,
Ne von* a rien caché;
Songe* qo H celte ouvrage Mon sort e*t attaché ï V ous allez , fen suis siirc,
L’achcrer sans retard ;
Votre amour me l'assure ,
Voua réussirez... car Vous savez maintenant Le prix qui voo* attend.
GENEVIÈVE, dormant. Bien ! bien !
Riiinm.
Cet espoir m’électrise ,
Je reprends me* traveaux ,
Et l’amour, ma Louise ,
Va guider mes pinceaux ;
Je rue remets h l'oeuvre »
F.t mon succès est lè.
(Mettant la main sur son coeur.)
Et je sais qu’un chef-d'œuvre lie mes mains sortira ,
Car je sais maintenant J je bonheur qui m'attend.
(4 la fin du duo Nauteuil baise la main à Louise.)
GENEVIÈVE, se réveillant. Eli bien! estce fini?..
LOUISE. Oui , oui, ma bonne.
nanteuil. Nous avons fini pour le moment , nous recommencerons plus tard.
Geneviève. Nous avons encore une bonne course à faire, et puisà revenir} j espère que ce sera la dernière fois.
lûltse. Oh! oui, M. Nanteuil viendra
maintenant à la maison...
(Il sc saluent il amitié.)
GENEVIEVE, en s'en allant. Al» ! ces jeunes filles, ça donne bien du mal à les surveiller.
LOCtSS.
Ain de ta Croix d* Or.
Je vous quitta et j'espère ,
En comblant tous mes vœux »
Que demain , chez mon père »
Nous nous verrons tous denx.
ENSEMBLE
Je vous quitte , etc
SAKTEOIt..
Vous me quittez, j’espère ,
Exauce* tous mes vœux ,
Demain, chez votre père.
Nous nous venons tous deux, cinviftvi.
Elle vous quitte et j'espère.
Eu comblant tous se* vœux ,
Que demain, chez son père ,
Vous vous verre* tous deux.