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pies de Colbert, tels que le comte de Ericeira, à la fin du XVII* siècle, et surtouile marquis de Pombal, vers le milieu du xviii% appelèrent pour régénérer Tindustrie et créer l'enseignement professionnel. Mais ces diverses tentatives furent contrariées et presque annihilées par les invasions étrangères et les guerres civiles. La séparation du Brésil fut aussi un coup terrible porté à l'industrie du royaume. En 1813, on ne comptait plus au Portugal que trois fabriques de tissus de laine à Lisbonne, une à Coïmbra, quatre à Guarda, deux à Portalègre et deux à Porto. Le décret de 1834, qui établit la liberté de l'industrie, fut lui-même une cause de trouble. A une époque où la vapeur et le machinisme révolutionnaient le travail industriel chez d'autres peuples, c'est à peine si au Portugal on peut observer quelques tentatives pour utiliser les chutes d'eau. Le progrès n'apparaît guère avant 1874, Il est assez sensible jusque vers 1880, particulièrement dans l'industrie cotonnière : le nombre des broches passe de 0O.O6O en 1873 à 108.000 en 1880 ; celui des métiers mécaniques, dans le môme temps de 400 à 1.000.
Le tarif ultraprotectionniste de 1892, avec ses droits exagérés principalement pour les colonies, eut, en général, des effets assez fâcheux sur l'industrie. Celle du coton jouit quelque temps d'une prospérité éphémère et dangereuse : en 1809, elle arrivait à importer 15.672.000 kilogrammes de coton. Mais la crise commerciale en Afrique de 1900, qui diminua sensiblement son exportation, créa pour elle une situation difficile qu'ont encore aggravée la surproduction et le renchérissement de la matière première. Elle compte aujourd'hui 90 fabriques avec 30.000 ouvriers et son existence est purement artificielle : en dépit des droits de douane, le Portugal n'exportait, en 1907, à destination de ses colonies, que 5.273.240 kilogrammes d'articles de coton (valeur : 1.171 contos), alors qu'il était contraint d'en importer
17.029.333 kilogrammes, pour une valeur de 3.4i3 contos ! L'industrie de la laine souffre, elle aussi, de l'exagération des droits de douane : elle a vu tomber le chiffre des ouvriers de ses fabriques de 12.179 en 1890, à 8.895 en 1896. Elle s^st un peu relevée depuis, grâce à la prime du change : elle occupe aujourd'hui 225 fabriques et 12.000 ouvriers. En 1907,1e Portugal n'en a pas moins importé pour 3.649.235 kilogrammes d'articles de laine, pour une valeur de 1.086 contos. L'industrie de la soie n'est guère représentée que par 20 fabriques, à Lisbonne, Porto et Braga. En 1907, le Portugal n'a importé que pour 920.000 kilogrammes de soie brute (pour une valeur de 184 contos), alors qu'il a dû importer pour 6.738.263 kilogrammes d'articles de soie (valeur : 1.351 contos). L'industrie du lin n'occupe pas plus de 2 fabriques, à Guismaraes, en dehors de quelques petites, n'emplo3'ant toutes ensemble que 300 ouvriers. L'industrie du liège, qui trouve dans le pays môme la matière dont elle a besoin, fait travailler jusqu'à 5.000 individus, mais elle aussi traverse une crise. On peut en dire autant desserrer ze**, qui, en dépit de ta protection exagérée dont elles sont l'objet, ont dû congédier une partie de leur personnel — d'ailleurs, surtout étranger. Quant aux 25 fabriques de papier, qui existent au Portugal, elles sont loin de suffire à la consommation et ne produisent guère, comme la plupart des autres industries nationales, que des articles courants et communs.
L'industrie des conserves de poche est la seule qui soit prospère; elle se développe, principalement à Sétubal, Espinho, dans l'Ericeira et l'Algarve. Elle comptait, en 1890, 34 établissements avec 2.513 ouvriers; en 1896, 76 établissements et 4.653 ouvriers. Elle occupe aujourd'hui plus de 10.000 ouvriers et produit une quantité moyenne de 20 millions de kilogrammes de marchandises, destinées principalement à l'exportation.