AIL A FLEURS COMESTIBLES
el de Saigon. Elle est assez jolie pour être également considérée comme ornementale.
VAllium odorum se trouve partout à l’état sauvage dans les montagnes de Pékin. On le cultive aussi dans tous les jardins, sous le nom de Kieu. Les Chinois mangent la plante entière à l’état cru. Elle fleurit au mois d’août, et, à celte époque de l’année, on en vend aux marchés les fleurs coupées , qu’ils mangent également (1).
Les renseignements qui précèdent nous ont suggéré l’idée d’un essai qui a réussi.
Nous avons décoré une salade de Chicorée avec des fleurs d ' Allium odorum , comme on le pratique avec celles de la Capucine. Mêlées à la salade, ces fleurs lui ont communiqué un parfum spécial, qui n’est pas sans analogie avec celui que recherchent les amateurs lorsqu’ils introduisent dans la salade de Chicorée ce qu’on appelle communément le chapon. Nos amis, après dégustation, ont donné leur approbation à notre tentative, et il y a peut-être là un emploi qui ne serait pas à dédaigner. On peut, en effet, cueillir les fleurs de l’Ail odorant pendant deux mois, du 1er août au 1er octobre, et peut-être plus longtemps encore.
La plante donne en abondance des graines que l’on sème au mois d’avril; en procédant ainsi, on n’obtient de fleurs que la seconde année; mais, sur plantation de bulbes, elles apparaissent dès le 1er août.
1 d Allium odorum est une plante vivace, absolument rustique.
D’après M. de lleldreich, VAllium roseum L. ell’A. neapolltanum Cyrillo, qui en est voisin, fournissent des bulbes comestibles. Ces deux plantes sont originaires
(1) Docteur K. IJretsclineider.
de la région méditerranéenne. La dernière esl cultivée en grand dans le midi de la France, et ses fleurs, d’un blanc pur, sont expédiées aux fleuristes des grandes villes pour la confection de bouquets pendant l’hiver.
Une autre espèce, VA. leptophyllum Wallich, de l’Himalaya, produit des bulbes plus fortement piquants que ceux des Oignons ordinaires. Le capitaine Pogson les considère comme sudorifiques. Ses feuilles forment, dit-on, un bon condiment.
Nous avons reçu du Japon, par l’aimable entremise de i\l. M. Nil moi in f Allium nipponicum F ranch, et Sav. Selon MM. Batchelor et Mivabe (Ainu Economie plants) (Transactions 0/ the Asiatic Society of Japan, vol. XXI, 1893. p. 231), cet Allium porterait les noms de Me mbiru , chez les Aïuos qui en mangent généralement
les bulbes à l’état frais, en salade, et qui les emploient quelquefois aussi « pour donner une délicate saveur aux aliments ».
Une autre espèce d 'Allium, l’A. japonicum Hegel, du Japon, que nous avions trouvé signalée dans la Liste des plantes alimentaires en usage au Japon, par M. Edward Kinch (Transactions of the Asialic Society 0/ Japan , tome XI (1883), nous a été également procurée par M. M. Vilmorin.
La plante que nous avons reçue sous ce dernier nom n’était autre chose que VA. oleraceum , plante commune en France et de très médiocre intérêt.
ALSTRŒMÉHE LU1T0
ALTRŒMÈRE LIUTO
Alstroemeria Ligtu L. ; A. Ligta Ruiz cl Pav., Bot. Mag., lab. 125; Red., Liliac., tab. 40; Delaun., Jlerb ■ de l' amateur, vol. 2.
Fam. des Amarylliàées .
Tiges, les unes stériles, haules (le 20 à 25 centimètres, terminées par une rosette de feuilles ; les autres, 3-6 flores, liantes de 30 à 40 centimètres. Feuilles petites, lancéolées-linéaires ; celle des rosettes spatulées, oblongues. Fleurs grandes, penchées, comme bilabiées, disposées en ombelle simple. Pédoncules plus longs que les feuilles tlorales. Sépales blancs, tachetés de rouge. Pétales écarlates, immaculés. Racines fasciculées, arrondies, épaisses, revêtues d’une écorce brune, un peu noueuse.
Celte plante croît sur les bords des ruisseaux, au Pérou et au Chili. Dans ce dernier pays, elle se nomme JÀuto.
« L 'Alslrœmère Liuto paraît être celle qui donne le véritable C/iuno, fécule que l’on extrait des tubercules par le même moyeu que l’on extrait la fécule des Pommes de terre. Au Chili, on l’emploie fréquemment, surtout pour les malades et pour les personnes dont l’estomac est délicat. Elle pousse surtout dans les provinces de Cciuquenes et de Conception. » (Claudio Gay, Flora Chilena , vol. VI, p. 85.)
Tout l’intérêt de la présente note est dans les renseignements que nous avons recueillis sur la précieuse fécule du Liuto. Nous ne changerons pas une syllabe
aux réponses qui ont élé faites aux questions que nous avons posées.
Fig. 3. — AlsLrœmère Liulo ( Alslrœmeria Ligtu L.).
Le Liulo pousse uniquement dans les terrains sablonneux et humides, à température tempérée, semblable à celle du déparlement de la Seine.
ALSTRŒMERE L1UT0
Une seule espèce est connue dans le pays (Concepcion). On n’y connaît pas le A. pelegrïnci, dont parle Cl. Gay.
Le nom chilien de la plante est Liuto , le seul connu dans le pays de production.
Le Chuno est dans le commerce pour la consommation locale. 11 s’en fait un grand commerce au Chili. Il s’en exporte peu.
Le Chuno n’est fabriqué ni dans les usines ni dans des familles. Les pauvres gens arrachent les racines. Les femmes s’occupent exclusivement de la fabrication, qui se fait en mars et avril, et portent au fur et à mesure, sur le marché, le produit de leur travail.
On pourrait en demander au Chili et en recevoir une certaine quantité. 11 se vend à la mesure : 10 à 12 francs le décalitre. 11 se conserve parfaitement.
Opinion de M. le docteur Thévenot sur la valeur alimentaire du Chuno de Liuto:
M. le docteur Thévenot a exercé longtemps la médecine au Chili, où il jouissait de la plus haute considération.
Il habile maintenant Paris, et nous lui avons été présenté par un de nos amis, iM. A..., grand propriétaire au Chili. Voici le résumé de l’entretien que nous avons eu, au sujet du Chuno , avec l’éminent praticien : « Le Chuno est un excellent aliment, moins riche peut-être que certaines aulres fécules, mais léger, de digestion lies facile, 1res utile aux enfants et aux convalescents. On en fait des pâtisseries très estimées.
« M. A... a poussé l’obligeance jusqu’à nous apporter du Chili des racines de Liuto et une certaine quantité de Chuno qui, à la dégustation, a répondu à l’opinion que nous nous en étions faite, et a permis à M. le doc-
leur Mène de présenter le 12 mai 1885, à la cinquième section de la Société d’Acclimalalion, un rapport dont nous extrayons ce qui suit : « La petite quantité de C/iuno que j’ai reçue, et qui vient d’un don de M. Paillieux à la Société d’Acclimatalion, ne m’a pas permis de faire de nombreuses expériences, et je ne puis donner des conclusions complètes sur la valeur de ce produit ; mais les résultats que j’ai obtenus sont très bons.
« Comme aliment, le Chufïo est excellent en potage, soit au gras, soit au lait; une cuillerée à bouche pour un bol de bouillon ou de lait ; on délaye à froid et l’on verse pendant l’ébullition, ou laisse bouillir pendant quatre à cinq minutes. Le Chufïo épaissit peu par la cuisson et forme un potage sans grumeaux, laissant apercevoir quelques petits grains transparents comme du tapioca et donnant seulement au bouillon ou au lait une consistance un peu plus épaisse.
« Très agréable au goût, il forme un potage vraiment délicat, très facile à digérer.
« Je l’ai fait prendre à des convalescents, qui l’ont digéré sans aucune peine et m’en ont redemandé comme leur ayant été agréable au goût et les ayant bien soutenus.
« J’en ai donné à des enfants de six à dix mois dans du lait ; les parents ont été Très satisfaits et m’ont demandé s’il était possible de s’en procurer de nouveau, les enfants prenant ce potage avec plaisir.
« Chez deux malades atteints de gastralgie et digérant très dit fîcilemenl, le Chiino a été bien toléré sans occasionner les renvois et les gontlemenls d’estomac auxquels ils étaient sujets après l’ingestion de presque tous les aliments.
« Administré à l’extérieur sous forme de cataplasme.
ALSTRŒMÈRE L1UT0
dans un cas de commencement d’inflammation }>hlegmoneuse du dos du pied et dans un orgelet de la paupière supérieure, il a produit un soulagement marqué.
« Employé en lofions avec l’eau tiède (une cuillerée tà bouche pour les deux tiers d’un bol d’eau), suivies d'une application de Chufio en poudre, il a amené un prompt soulagement dans un cas d’érythème de la jambe.
« 11 peut aussi remplacer la poudre de riz pour atténuer le feu du rasoir quand la barbe a été rasée. »
Nous n’avons besoin de rien ajouter à ce qui précède pour que l’on apprécie les services que rendrait le Liulo si l’on pouvait en pratiquer la culture. Le climat n’y apporterait sans doute pas un obstacle insurmontable. On sait que plusieurs Alslrœmères se montrent rustiques sous le climat de Paris, et nous avons eu pendant plusieurs années une touffe d e A. pelegrina L. qui a résisté, sans abri, aux hivers. L’A. versicolor Ruiz et Pav., qui pourrait êlre cultivé comme plante d’ornement pour ses curieuses fleurs aux coloris les plus brillants et les plus variés, supporte parfaitement le plein air dans l’Ecole de botanique du Muséum.
AMARANTE OLÉRAGÉE
Brède, Épinard marron. — Nalya Sag (Inde mérid.).
Caruru (BrésM).
Amarantüs oleraceus L. ; Euxolus oleraceus Moq. ; Albersia
oferacea Kunth.
Fam. des Amarontacées .
Plante annuelle tà liges dressées ou ascendantes, liantes de O"1, 30 à 0"‘,50, garnies de feuilles d’un vert pâle, pétiolécs, ovales, très obtuses, écliancrées, un peu rugueuses. En juillet-août, fleurs verdâtres, disposées au sommet de la plante, ainsi que dans les aisselles des feuilles supérieures, en épillets plus courts que les pétioles des feuilles et formant des épis dressés, obtus, denses; calice une fois plus long que les bractées. Fruit ulriculaire, ovale, lisse, aigu.
« Celle plante utile et comestible est très commune aux Antilles. Onia rencontre partout. Les habitants en mangent les feuilles, assaisonnées comme celles des Épinards de France, auxquels elle ressemble assez par son port. On la fait enlrer dans le fameux ragoût créole nommé Calalou en lui associant des bourgeons de Giraumon, du Pourpier, du Gombo, de la Morelle iaman, une volaille, un morceau de jambon, des crabes, des écrevisses et surtout beaucoup de Piment. » (Descourlilz, Flore des Antilles.)
Au Grésil, celte espèce et VA. flcivus L. se mangent comme les Épinards. On les confond toutes les deux sous le nom vulgaire de Caruru.
AMARANTE 0LERACÉE'
u L’Amarante oléracée cl scs variétés sont cultivées sur une grande échelle par les indigènes dans l’Inde entière. On en fait usage pendant les pluies. La partie de la plante qui se mange est sa tige, qui est tendre et succulente. On la coupe en petits morceaux et on la prépare comme les Haricots. A mon goût, c’est un légume très insipide, à peine acceptable lorsqu’on ne peut pas se procurer un autre légume frais.
« Le D1 2 Roxburgli dit qu’il en existe plusieurs variétés cultivées comme légumes, parmi lesquelles on doit distinguer les suivantes:
« a. viridis. — Verle, ordinaire, très cultivée.
« (3. ruber. — Belle variélé h tige rouge clair, brillant. Les branches, les pétioles, les nervures, les veines et les feuilles elles-mêmes sont plutôt couleur de rouille.
« y. albus. — Toutes les parties qui sont rouges dans la précédente sont chez celle-ci d’un blanc clair et brillant. Très cultivée dans le Bengale.
« o. gïganteus. — Haute de 5 à 8 pieds, avec une lige grosse comme le poignet. Les sommités tendres et succulentes de ses liges, ainsi que ses branches, sont quelquefois servies sur nos tables comme succédanées de l’Asperge (1). »
On cultive encore dans l’Inde les Amarantus gangeticus L. [Lcd Sag (2)], tristis L., (. Mekanada en Sancr.; S bru Kirai , en Tarn.).
Le B. P. Camboué nous a envoyé de Madagascar des graines de VA. spinosus L.,que les Madécasses mangent
(1) Firminger, A manual of gardening for Bengal.
(2) D'après le Spécial Catalogue of exhibils, etc. Colonial and lndian Exhibition, d 88G, F Amarantus gnngeticus est peut-être le plus important Sag (légumes verts utilisés comme l’Epiuard) cultivé dans l’Inde.
Lli POTAGER D’UN CURIEUX
comme herbe potagère sous le nom de Anampatsa. Celte espèce est employée au même usage dans beaucoup de régions, notamment dans 1 Inde, où on 1 appelle Kantanatya.
Nous avons reçu de M. Pierre, agent des cultures coloniales au Gabon, les graines d une plante étiquetée Épinard du Gabon, que nous avons reconnue être l’ Euxolus eau datas Moq. ; cette espèce est fréquemment employée comme légume dans nos possessions de P Afrique occidentale.
AMARANTE DE PALMER OU QUÉLITE Amarantus Palmeri S. Wats.
A son retour d’un voyage en Basse-Californie, M. Diguet, voyageur naturaliste, nous a remis un sachet de graines A Amarantus Palmeri S. Wats., qui est désigné en Basse-Californie sous le nom de Quélite.
D’après une note qui nous a été remise par M. Diguet, celle plante croît dans les terres argileuses ou argilo-sableuses. On ne la rencontre qu’après les pluies de l’été, époque à laquelle elle se développe rapidement. Elle ne pousse pas pendant l’hiver, même après les pluies. Sa taille est variable suivant les circonstances dans lesquelles elle croit : elle varie entre 30 centimètres et 2 mètres.
Les régions que celle plante affectionne plus particulièrement pour former de véri labiés champs, sont les plateaux de la Sierra, et principalement certains