SCÈNE VI
LE MARQUI S9 se levant Tivemenl et ptisant à gtaehe.
Je ne sais; il n'est pas venu.
LA MARQUISE
Ahl voilà tous Yos frais de toilette perdus. Gomme je vous connais 9 tous devez être passablement contrarié.
LE MARQUIS^ se dirigeant sur la eltemioée*
Est-ce une façon de m'apprendre que vous me trouvez maussade?
LA MARQUISE
Je vous trouve charmant^ au contraire. Ainsi vous voyez : vous pouviez jouer toute la nuit à votre cercle, et vous venez passer votre soirée près de votre femme... Un bienfait n'est jamais perdu avec moi, marquis; et, en échange de votre sacrifice, je vaifl vous apprendre ime bonne nouvelle.
LE MARQUIS, appuyé du coude sur U elieminée.
Âh! quoi donc?
LA MARQUISE
Je puis me tromper, cependant; dites-moi, n'avez vous pas beaucoup connu autrefois M. Armand de Villiers?
LE MARQUIS
En effet; mais je l'ai perdu de vue depuis quelques années. Il doit être quelque part en Chine, à ce qu'on dit.
LA MARQUISE
D n'est pas en Chine; réjouissez-vous.
Soit
LA MARQUISE
Et non-seulement il n'est pas en Chine, mais encore vous le verrez demain; il m'a fait demander si je pourrais le recevoir... Êtes-vous content?
LE MARQUIS, Tisiblement eontrarié, descend près de la table.
Enchanté... (un temps.) Ne vous a-t-il pas fait un peu la cour avant votre mariage?
LA MARQUISE
Eh!
LE MARQUIS
Oui, n'est-ce pas ?
LA MARQUISE
Il y a bien eu quelque chose à peu près comme cela.
LE MARQUIS
Il fat même question de vous marier tous deux , si je ne me trompe.
LA M A R QU 1 SE, toujoart astii et
Le bruit en avait peut-être couru; mais vous vous êtes présenté, marquis, (Elle s'ineiine.) vous vous êtes présenté : — c'est tout dire.
LE MARQUIS
Vous ne l'aimiez donc pas ?
Je ne sais : je n'étais qu'une enfant, et je ne me rendais guère compte de ce que j'éprouvais dans ce temps-là.
LE MARQUIS
Dois-je penser. Madame, que vous faisiez profession à mon égard de cette même ignorance naïve, de cet insouciant éclectisme?