‹ Le pourboire; comédie en un acteChapitre 22 sur 36 · SCENE X POUPART, ETIENNE · texte numérisé non relu

SCENE X POUPART, ETIENNE

POUPART, à pari.

Je tiens le filon. (Haut). Monsieur. Vous avez dû remarquer mon insistance à demeurer près de vous?

ETIENNE

Il faudrait être aveugle.

POUPART, énigmatiqiie.

Êtes-vous bien certain de voir clair.

ETIENNE

Il est inutile de prendre cet air sibyllin pour dire une sottise.

POUPART

. Merci. Eh bien tout malin que vous êtes, je vous affirme que vous avez les yeux bouchés.

ETIENNE

L'esprit aussi alors, car je ne vous comprends guère.

POUPART, très bas.

Méfiez-vous de votre domestique.

ETIENNE

Luc? Le meilleur garçon du monde ?

POUPART

L'appât de l'or en a perverti de meilleurs. J'ai pu l'observer pendant que vous lui tourniez le dos. Cet homme suait le crime. (Frémissant). Horreur!

ETIENNE, à pari.

Il me fait peur, ma parole, ce fou.

POUPART, tragique.

Vous doutez? Vous niez? Innocent! C'est seulement quand vous serez étendu sous six pieds de terre, avec un fer acéré dans la région lombaire, que vous me direz en me serrant la main : Merci, Poupart, tu parlais comme un livre !

ETIENNE

Heu, à ce moment là, j'aurai peut-être d'autres cbats à fouetter.

POUPART

Cro3'ez-moi, j'ai de l'expérience. Ne demeurez pas seul avec ce particulier lu. Il est capable de vous faire un mauvais parti maintenant qu'il vous sait millionnaire.

ETIENNE

Ce])endant...

POUPART

Voulez-vous la preuve de ce que j'avance?

ETIENNE

L Si vous croyez pouvoir me la donner.

Page 1