‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 125 sur 190 · Mémoire pour M. de la Chalotais, p. 1U · texte numérisé non relu

Mémoire pour M. de la Chalotais, p. 1U

fï. Mémoire à consulter^ i(i)^iic dn 21 nvociiU, p. 2; Imp. iii-4* de 20 p. — M. Murion écrit : « Tel fut le théine développé dont les innoiiibrob!e« brochures et consultations publiées alors pour réfuter l'ouvroi^e récent de l'expert Vallain. » (La Bretagne,

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Non, il faut des preuves', et des indices ne peuvent tenir lieu de preuves, répondent les vingt avocatis les plus renommés du barreau de Rennes. Et ils exposent leurs raisons, à coup sûr fort sérieuses : « L*art des faussaires est porté pour le moins aussi loin que celui des vérificateurs, et Ton trouve partout des exemples d'écritures si parfaitement imitées que ceux mêmes auxquels on les imputait y étaient trompés. On a vu des officiers publics reconnaître leur écriture, qu'un faussaire avouait avoir fabriquée. Deux écritures parfaitement semblables peuvent être de deux mains différentes; par contre, Técriture de la même personne varie selon les Ages, les dispositions et même la plume et le papier. Il ne suflit donc pas qu'il y ait des ressemblances entre deux écritures pour juger qu'elles sont de la même main.

« Dans la déposition des experts en écriture, il faut distinguer deux choses : 1* ce qu'ils voient ou croient voir ; 2* ce qu'ils en concluent. Ce qu'ils voient, c'est le plus ou moins de ressemblance ou de dissemblance entre deux écritures; ce qu'ils concluent, c*est l'identité ou la diversité des mains qui les ont tracées... Or leur art étant purement conjectural et n'ayant aucune règle de certitude, leur avis ne peut jamais s'élever audessus de la vraisemblance ; c'est une conjecture que la loi ne permet pas do négliger, mais à laquelle elle permet encore moins d'ajouter foi; c'est un indice et un indice très peu décisif. »

p. 410). — C«s « innombrables brochares el consnlIiiUoni • sont exactement ou nombre de iroU, 1. Mémoire à commlter, p. 13.

374 LE DUC d\iguillon et la ghalotais

Ce Mémoire était daté du 4 août 1766. Ce jour-là même arrivèrent à Rennes les deux experts désignés par le Parlement, Dautreppe et Paillasson. Leurs conclusions étaient d'avance singulièrement infirmées par les ouvrages déjà publiés.

Ils descendirent à ThAtel d'Artois et restèrent d'abord cinq jours sans rien faire, « s'ennuyant à périr. » L'accusé contestait la valeur de certaines pièces de comparaison. Enfin ils prêtèrent serment le 9 août et le dossier leur fut remis avec le procès-verbal des premiers experts Boitel et Guillaume I. Ils travaillèrent au Palais, dans une chambre du greffe. Ils procédèrent séparément. Dautreppe commença son examen le samedi 9 août et le termina le lundi 11, au matin. Paillasson reprit le soir et finit le mercredi 13 août.

Pendant ces cinq journées, l'anxiété fut grande chez les amis comme chez les adversaires. « Je ne suis pas sans inquiétude sur cette vérification d'experts, dit La Noue, j'aurai un furieux poids de moins quand ils auront fini leur besogne. » Et Rarrin : « Nous sommes sûrs que l'avis du premier est à l'affirmative et on a lieu de croire, sur quelques propos du second, que son avis est aussi affirmatif que l'autre*. »

Au dire de celui-ci, M. de la Ghalotais croyait

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