Arch. Nat., H. 436. Bulletin de Rennes, 17 juillet
PREMIÈRES POURSUITES Gl
lution. Les confidences do Le Prestre se terminent toutes par ce refrain lamentable : « Rien de nouveau à notre égard... Chaque courrier est attendu avec impatience, mais n'apporte pas la solution espérée par les uns, redoutée par les autres... Nous sommes toujours dans la même position... 11 faut espérer que le ministère jettera enfin les yeux sur nous '... »
A rinlendance, on poussait à la répression.
« Toute négociation qui n'extirpera pas jusqu'à la racine du mal sera le dernier coup porté à l'autorité du roi en Bretagne et à la sûreté même du pays'. »
Aussi l'on trouvait le premier président bien faible; « il est l'esclave des démettants avec lesquels il vit en intimité perpétuelle; lui, l'homme du roi, n'a aucun égard pour ses fidèles et seuls serviteurs. »
D'Amilly reçut, le 12 juillet, une sorte de mémoire signé du contrôleur général Laverdy. 11 en fit aussitôt préparer des copies pour les magistrats. Se trouvant le soir à dinerchez le président de Robien avec plusieurs démis, il leur dit qu'ils pourraient prendre connaissance do l'écrit du ministre au greffe.
— Mais où est le greffe ? demandèrent-ils.
— Au Palais, répond d'Amilly.
— 11 n'y a ni greffe, ni Palais, ni Parlement, s'écrient-ils; nous ne savons ce que vous voulez dire.
1. Corretpondonce Le Pretire. 13, 17, 23, 31 juillet 1765. S. Archives Nalionolet, H. 688. Rapport de Raudin du \k juillet 1765.
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62 LE DUC d\iguillon et la chalotais
— Eh bien ! reprend le Premier, allez donc chez Angennrd.
Angennrd était un des commis du greffe.
Ce Mémoire de Laverdy était un mémoire historique; il fut suivi de deux autres et tous trois furent imprimés sous ce titre : Preuves de la pleine souveraineté du roi sur la province de Bretagne^.
La thèse de Tauteur est celle-ci : La Bretagne ne s'est pas donnée à la France par un acte volontaire et libre; quand elle s'est unie à la couronne en 1532, elle ne pouvait pas faire autrement, le roi François 1'^ n'avait nul besoin du consentement des Etats; il suit de là que les Bretons qui ne se donnaient point ne pouvaient imposer au roi aucune condition. L'acte d'union n'est point un traité synallagmatique engageant les deux parties; si le roi le maintient, c'est en vertu du droit général qui oblige le souverain à conserver la constitution de l'Etat, mais non en vertu d'une convention qui n'a jamais existé 2.
Cette théorie était absolument fausse, elle est contredite par les documents les plus certains. Nous croyons l'avoir démontré .dans la préface de cet ouvrage, nous n'y reviendrons pas. Toutes les dissertations ne sauraient prévaloir contre le
1 . Preuveê de la pleine touverainelé du roi tur la province de Bretagne, A Parii, 17G5. Cette brochure «e compote de trois lettres, datées du 12 juillet, du 3 août, du mois de septembre 17G5, adressées par le contrôleur général à M. d'Amilly. Les deux premières sout suivies d'Obêervalionê de celui-ci en forme de réponse.