‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 43 sur 190 · Proch imiruit, f, 138, 142. Voir aoisi I · texte numérisé non relu

Proch imiruit, f, 138, 142. Voir aoisi I

144 LE DUC D AIGUILLO:< ET LA CnALOTAIS

mont; M. de Caradcuc intima assez durement au frère Tordre d*avoir à recevoir partie du paiement de sa créance. Etait-ce encore là un excès bien condamnable ?

De môme pour M""* de la Fleudrye, que M. de Caradeuc alla voir h Th^pital do Saint-Méen, comme c'était son droit et son devoir •.

Remarquons d'ailleurs que plusieurs de ces témoins à charge firent couragcuscmeat un magnifique éloge des procureurs généraux^.

Le procureur Bocou déclare qu'il ne peut que rendre témoignage a leur fidélité pour le service du roi et à leur zMe pour le maintien de la justice. Desnos, syndic, ajoute « qu'il connaît d'eux mille traits de droiture et de vertu. »

M. de la Rue affirme que les cinq magistrats accusés ont acquis par leur sagesse, leurs lumières, leur probité, leur intégrité, l'estime générale de leurs concitoyens, qu'il ne connaît de leur part que des faits de bienfaisance, d'humanité et de justice.

Mais le commissaire répond qu'il ne s'agit pas d'éloges et refuse de faire consigner cette partie de la déclaration. Plusieurs témoins durent le menacer de ne pas signer leurs dépositions s'il ne transcrivait pas les points favorables aux accusés.

Boucher, l'un des principaux négociants de Rennes, rapporte qu'il a eu souvent des entretiens avec M. de la Chalotais; il n'y a jamais été question d'alTaires publiques, mais seulement

1. ProeH i'Hêiruit, î, 9'i, 100, 334; 127. 133, 13G; 147; 155. Sur ioui cei foiU voir oi-dcttui, p. 84-89.

L\ COMMISSION EXTnAOnDINAIRE . 145

du commerce dans sea rapports avec les puissances de TEurope. ce II a vu en M. de la Chalotais un magistrat éclairé, plein de probité, de valeur et de franchise, occupé de vues et de projets destinés à contribuer à la félicité publique et à Taisance des habitants de Rennes... »

Gazon-Maisonneuve, négociant et premier juge de police à Rennes, n'a jamais reçu des procureurs généraux que des ordres conformes aux arrêts et règlements de la Cour.

Or, deux mois après, par une coïncidence qui serait singulière si elle ne s'expliquait trop bien, Boucher et Gazon-Maisonneuve étaient brutalement enlevés à leurs familles et à leurs affaires et exilés Tun à Rodez, Tautre à Civray *. Au contraire, le procureur Doré, qui avait chargé La Chalotais, était nommé procureur du roi au siège do police ù la place de son confrère Bureau, enfermé a la Bastille et révoqué. C'est ainsi que Ton respectait la liberté des consciences et Timpartialité des dépositions en récompensant les témoins favorables à Taccusation et en punissant les témoins défavorables^. Etait-ce bien honorable pour le duc d'Aiguillon et les ministres ?

On voulut vérifier qui était Fauteur de l'écrit intitulé : Lettre d'un Patriote h une personne de distinction^ dont M. de la Colinière avait revendiqué la paternité, mais que l'on prétendait attribuer à M. de la Chalotais. On interrogea le

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