XI
74 LE DUC d'aiguillon et l\ chalotais
On reprochait d'abord aux magistrats de s'absenter de Rennes. La Chalotais était souvent à Vern. Saint-F'lorentin blâma vivement d'Amilly de son défaut de surveillance. Celui-ci répond d'un ton piteux qu'il ne peut pas les passer en revue. « Ils sont plus de soixante, ils peuvent sortir de la ville sans que je le sache, car vous comprenez bien que je ne les vois pas tous les jours. Il y en a parmi eux que je n'ai pas vus depuis le jour des démissions. Il y aurait de la témérité à moi à assurer qu'ils sont tous à Rennes, mais, en vérité, je crois qu'il n'en manque aucun'. » Autre dénonciation plus grave. On signale la présence à Rennes de M. de Kerguézec; il s'y est rencontré avec M. de Pire. Tous deux ont eu des entrevues avec les La Chalotais. « Si on laisse l'un ou l'autre de ceux-ci, on aura perdu tout le fruit des précautions prises pour le bien. Le fils est plus emporté, plus violent et plus injuste que le père et il n'en diffère que parce qu'il n'a ni esprit, ni étude, ni connaissance de son état. Chaque jour, chez lui, se passent des faits particuliers qui font trembler les honnêtes gens. (??) MM. de la Gâcherie et de Kerguézec, l'un chef de la ligue aux Etats, l'autre au Parlement, ont souvent ensemble des conférences en tête à tête. Ni les uns ni les autres ne mettent jamais le pied à l'intendance. Un simple gentilhomme, sans fortune, sans services, sans mérite, sans crédit, se croit assez fort pour soutenir un parti qui manque au roi 2. »