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multipliées. L'on a réuni en volumes tels articles 1mportants qu’un lecteur de notre pays ne pouvait consulter qu’à la Bibliothèque Victor Cousin, ou tels autres qu'il devait, s’il en était curieux, aller chercher outre- Manche.
Il faudrait souhaiter, dans l'intérêt de la culture, que ce progrès fût assez accentué pour rendre notre travai! inutile. Nous croyons que cela n’est pas, et que le pragmatistie, suivant une expression qui rencontre trop souvent son emploi, demeure encore plus célèbre que connu. Les ignorances, les confusions, les contresens sont fréquents sur ce sujet, même parmi les philosophes. L'on pourrait citer tel d’entre eux qui critique longuement le pragmatisme tel qu’il l’imagine en soutenant une thèse parfaitement conforme au pragmatisme tel qu'il est. Peut-être les ouvrages les plus répandus en la matière ne suffisent-ils pas à en donner une idée exacte au lecteur français, trop souvent porté à interprêter les penseurs étrangers à travers les systèmes qu’il connaît, pour peu qu'une ressemblance verbale lui fournisse un semblant de justification. En tout cas, la littérature pragmatiste est dès maintenant assez abondante ainsi qu'assez dispersée pour ne pouvoir être connue en peu de temps et, par suite, pour mériter d’être analysée dans sa totalité.
Or, 1l est curieux de constater qu’une étude satisfaisante de ce genre fait encore défaut. En France, nous avons eu d'excellents articles de détail, mais tous les livres consacrés au pragmatisme sont restés jusqu’à ce jour déplorablement superficiels. En anglais, l’on peut trouver des études plus sérieuses : citons celle’ de M. Pratt parmi les adversaires du pragmatisme, celle de M. Murray parmi ses défenseurs. Mais elles sont bien brèves, et dominées par des iritentions polémiques. Le seul travail d'ensemble assez nourri que nous con-