ACTE DEUXIÈME
CANTARELLl, à part.
Une confidence amoureuse! Ma faveur est au comble! Marguerite.
Avant d'aller plus loin, sachez qu'il vous est impossible de me refuser votre ministère ; que je vous tiens, que vous êtes à moi comme un hérétique est au diable, et qu'entin je n'aurais qu'un mot à dire pour faire pendre 5ans délai Votre Éminence future.
CANTARELLI, étonné.
Voilà une préface un peu lugubre pour entrer en matière de galanterie!
MARGUERITE, tirant un papier de son corset.
Ah' illustre virtuose! vous êtes donc un agent secret de la maison de Lorraine? Au lieu de soupirer des romances, vous transmettez à M. de Guise une lettre du pape, et vous faites la sottise d'ajouter en marge quelques lignes de votre main?
CANTAUELLI.
Oh! quelle calomnie scélérate!
MARGUERITE, lui montrant le papier.
Voyez.
CANTAREELl, confondu.
Je vais m' évanouir !
MARGUERITE, malicieusement.
Par malheur, mon beau cousin de Guise mène de front les affaires d'Etat avec des occupations plus douces ; les héros amoureux ont leurs moments d'étourderie; et un de mes pages a trouvé ce papier bénit sur une ottomane
de la marquise de Sauve. (Pliant avec malice le billet et le
remettant dans son corset.) Le voilà! il m'appartient ; j'en puis donner lecture au roi pour le divertir, ou bien en conterer avec M. le lieutenant criminel... Mais je le garderai là, comme une relique, si vous obéissez à mes ordres suprêmes.
CANTARELLI, se prosternant.
Ah! je vous proteste, par tous les saints d'Italie...
MARGUERITE, vivement.
Il suffit. Le temps presse. Vous allez tout savoir. Isabelle, parlez.
ISABELLE
Je n'oserai jamais.
MARGUERITE
Il le faut. Hâtez-vous.
CANTARELLl, surpris.
Comment! il s'agit de mon élève innocente?