ACTE DEUXIÈME
parler tout à ton aise, et en me détournant seulement pour te cacher mon en\ie de rire; j'étais dans une hilarité qui m'étranglait.
en M M I N G E, se fâchant.
Quoi! ventre-dieu!...
CANTARELLI
Doucement!... (Doucereusemeat.) Et maintenant dis-moi, tendre ami de mon cœur, si tu n'es pas un fou... toi, des rivaux!... je suis humilié de ta modestie! tu me fais de la peine!... Il s'agit bien d'Isabelle, ma foi! (En confidence.) La reine de Navarre ne serait pas de cet avis.
COMMINGE
Qu'est-ce à dire?
CANTARELLI
Te souvient-il pas du séjour dernier que fit Marguerite en Gascogne?... C'est là que le tendre Mergj', séduit, enlM'é par le rang et la coquetterie de la princesse...
COMMINGE
Quoi! aurait-il osé?...
CA.NTARELLI.
Oui, il a osé, et je crois même qu'il a bien fait. Apprends donc un secret dont je suis confident, je le sacrifie à ta tranquillité. Vois si je t'aime ! si je te suis fidèle!...
COMMINGE
Oh! tu m'impatientes!
CANTARELLI
Silence!... Ce soir, la compatissante iMarguerite se débarrasse d'Isabelle en l'envoyant au bal, et elle reste ici pour y recevoir secrètement le jeune fou qu'elle a ensorcelé.
COMMINGE, gaîment.
Est-il possible!
CANTARELLI
Et c'est moi qui suis chargé de l'introduire par la petite porte du parteri-'î.
(.OMMINGE, désignant la porte.
Par là?
CANTARELLT.
Précisément.
COMMINGE, riant.
Oh! tout s'explique, alors!
CANTARELLI, ûe, raéine.
Tu vois bien?
COMMINGE
Oui, le propos de Catherine...
CANTARELLI
Sur les galants de la Navarre...
COMMINGE
Ah ! c'était pour sa fille !
C'est amusant, pas vrai?
COMMINGE
Oui, pardieu I
CANTARELLI
Et ce pauvre roi de Navarre!.,.
COMMINGE
Qui envoie pour ambassadeur!...
CANTARELLI
Justement!
COMMINGE
C'est toujours ainsi !
CANTARELLI
Toujours !
Ils rient tous deux aux éclats.
COMMINGE
Taisons-nous, voici ta mascarade, et je vais chercher Isabelle.
Il entre chez la reine.
CANTARELLI, à part.
Ouf !... à chaque pas je m'enfonce un peu plus!