‹ Le pré aux clercs; opéra comique en trois actes. Paroles de E. de Planard, musique de HéroldChapitre 54 sur 67 · SCENE TV · texte numérisé non relu

SCENE TV

Les Mêmes, CANTARELLT, pâle, fort triste et couvert d'un grand manteau brun.

CANTARELLI, entrant.

Ah! les voilà, mes barbares persécuteurs!

MARGUERITE, le voyant.

Cantarelli!... Enfin il arrive pourtant.

CANTARELLI, tristement.

Oui, madame, voici votre victime infortunée.

MARGUERITE, gaîment.

Eh! mon Dieu! qu'est-ce donc? quelle figure triste et pâle!... Et ce grand manteau brun qui vous donne l'air d'un moine espagnol?

CANTARELLI

Je grelv)tte la fièvre; je suis anéanti! Olil dans quel tra-

vail m'a lancé votre gracieuse Majesté!... Je n'ai pas respiré depuis vingt-quatre heures, et pour m'achever il la'd fallu chanter jusqu'à minuit, au chevet de la reinemère, des menuets et des barcarolles.

MARGUERITE

Pourquoi?

CANTARELLl.

Pour attendrir son oreille et son cœur, et en obtenir une carte de passe à la porte de Nesle.

Il remet une carte à Marguerite.

MARGUERITE

Ah! donnez! voyons vite!

CANTARELLl.

Oh! rien n'y manque : un cavalier et son page. J'ai fait une histoire : j'ai dit que c'était pour moi... un rendezvous galant hors des remparts. Et jamais je n'ai si bien menti, car je ne suis guère en train de conter fleurettes ce soir!

, MARGUERITE, à Mergy.

A merveille. Tenez, gardez bien cette carte, (a Cantareiii.) Maintenant, les chevaux et les habits de page?

CANTARELLl.

A huit heures précises au bout de cette allée.

MARGUERITE

Les relais?

CANTARELLl.

Ordonnés jusqu'au bord de la Loire. Point d'obstacle à leur fuite. Et plût au ciel que mon sort fût assuré comme celui de ces bons amis !

Eh! mon Dieu! ne cesserez-vous vos lamentations!

CANTARELLl.

Impossible ! vous ne savez pas que tout m'accable à la fois, et qu'après tant de fatigue et de tribulations je suis encore force, tout à l'heure, de tirer ma rapière au service de ce pauvre Comminge!

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