‹ Le précepteur dans l'embarras, comédie-vaudeville en un acteChapitre 17 sur 19 · SCÈNE xv · texte numérisé non relu

SCÈNE xv

LE BARON , MORIN , enveloppé dans son manteau. morin, entrant précipitamment et sans voir le Baron.

Vous avez été bien long-temps k m'ouvrir... avec ça que je tremblais de rencontrer M. le Baron, le baron, ey avançant. Le voilà.

morin , avec un tremblement convulsif* Ah!

LE BARON

Vous avez l'air bien ému.

morin, toujours tremblant.

Monsieur Je Baron!

le BARON , avec malice.

Ce n'est pas moi que vous veniez chercher ici.

MORIN. '

J'avoue que je ne m'attendais pas...

LE BARON

M. Morin n'a sans doule rien à se reprocher.

MORIN

Mais... je ne crois pas.

LE baron , avec ironie.

Un cœur aussi invulnérable que le vôtre...

MORIN

Vous êtes bien bon.

LE BARON

Qui n'a jamais connu les passions...

Vous êtes trop honnête.

LE BARON

Se garderait bien de donner asile à certaines personnes qu'il craindrait d'avouer.

morin , à part.

11 se doute de quelque chose.

le baron, s apercevant que Morin a quelque chose sous son manteau.

Que portez-vous sous ce manteau ?

morin, tout troublé.

Je.... ne sais pas.

le baron.

Comment ?...

MORIN

C'est quelque chose qui ne concerne que moi. ë le baron.

Air : Contentons-nous cT une simple bouteille.

Je veux savoir...

morin.

Ce n'est rien, je vous jure.

LE BARON

Vous vous montrez à présent bien discret.

MORIN

Du tout, Monsieur.

Tenez, votre figure Trahit déjà votre embarras secret.

C'est trop long-temps fatiguer mon attente, Parlez...

MORIN

Mais c'est un ouvrage nouveau, Dont pour raison on prohibe Ja vente, Et que l'on fait couiir sous le manteau.

liE baron, saisissant un des coins du manteau* Vainement vous me cachez.*.. (27 ouvre le manteau de Morin , et aperçoit le berceau et V enfant que celui-ci portait sous son bras. ) Que vois-je ?... morin, accablé et indécis.

( A part. ) Je suis mort. ( 27 dépose le berceau dans son cabinet dont la porte était restée ouverte.}

LE baron, saisissant Morin par le bras , et le ramenant sur le devant de la scène. ) Vous voilà donc entièrement démasqué... c'est ainsi que vous abusez de ma vieille amitié... vous choisissez ma maison pour le théâtre de vos intrigues.

morin.

Moi ! Monsieur!...

LE BARON

Avec votre caractère.... entretenir de pareilles liaisons!... voilà donc les exemples que vous ne rougissez pas de donner au fils dont je vous ai confié l'éducation. MORIN , avec calme.

Arrêtez, monsieur le Baron , qu'il me soit permis de me défendre avec mes armes classiques... c'est-à-dire y avec mes auteurs... Nouvel Hyppoiite... j'emprunterai sa réponse à Ihésée, qu'on trouve dans l'admirable ouvrage de M. Racine.

{Déclamant avec dignité , et s* animant par degrés.)

« Jamais vous n'avez vu la timide innocence « Passer subitement a l'extrême licence. . . « Un jour seul ne fait pas d'un mortel vertueux « Un précepteur perfide, un lâche incestueux.

( a6) LE BARON.

Et comment vous justifier, lorsque tout vous condamne i

MORIN

Je le pourrais d'un seul mot; maïs

« J'ai voulu supprimer un secret qui vous touche, « Approuvez le respect qui me ferme la bouche.

LE BARON

Expliquez - vous. *

* MORIN

Je ne le puis.

LE BARON

Vous quitterez donc celte maison?

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