‹ Le prédicateur de l'amour de DieuChapitre 26 sur 54 · DEUXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME JOUR

Pour aimer Dieu , méprisez- vous vous-même»

Travaillez, pour plaire à Dieu , à acquérir un parfait mépris de vous-même. A cet efFet , 1* soyez peu sensible h ce qui vous regarde , n'ayez pour vous aucune estime , ne vous met-

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lez poinl en peine de ce qu'on peut dire contre vous. Etouffez incontinent en vous, toute pensée de murmure , tout mouvement de haine et d'aigreur. Faites à Jésus crucifié le sacrifice de tous vos lessentimens. Dites-lui qu'il est le Dieu de votre cœur , que vous n'estimez que son amitié , que vous ne cherchez que sa gloire , que tout, comparé à lui, ne vous pareil être que comme de l'ordure.

2° Regardez - vous devant Dieu comme un néant , et devant les hommes comme le dernier de tous. En pensant à vos péchés et aux opprobres de Jésus-Christ , embrassez la Croix , et qu'elle soit votre trésor. Faites vos délices d'être humilié et méprisé.

3° Désirez l'abjection. Que votre souhait le plus ordinaire , soit qu'il plaise à Dieu de vous rendre méprisable aux yeux du monde , si sa gloire n'en doit pas être diminuée.

Dans le choix d'un état obscur, ou d'un état éclatant , où vous pourriez glorifier également Dieu , que le désir d'imiter Jésus crucifié vous détermine à préférer la bassesse à la grandeur, et lignominie à la gloire. Si vous aimez véritablement le mépris , vous ferez vos plus chères délices des mauvais traitemens , vous désirerez , vous rechercherez , vous embrasserez avec ardeur les humiliations qui conduisent à l'humilité. Est-il rien de plus désirable que le mépris !

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Que de biens l'amour des mépris ne procuret-il pas? C'est surtout par l'amour des mépris , qu'on meurt intérieurement à soi-même , qu'on plaît à Notre-Seigneur , et qu'on s'unit étroitement à lui.

Saintes Affections.

Votre amour, ô mon Sauveur , votre amour ! Vous aimez ceux qui sont humbles de cœur , je m'humilierai pour devenir humble , afin de vous ressembler et de vous plaire.

Je reconnois que je suis un serviteur inutile, que je suis même un méchant serviteur. Je n'ai fait qu'une partie de ce qui m'est ordonné , et j'ai mal fait le peu de bien que j'ai fait. Je n'ai point cessé de transgresser votre loi sainte , quoique vous m'ayez toujours favorisé de vos grâces.

O mon tendre Père , comment un enfant aussi dénaturé ose-t-il lever les yeux vers vous ! Je m'humilierai devant vous , je me regarderai avec horreur , je suis à mes yeux un démon ; ayez pitié de moi , souvenez -vous que vous avez dit que celui qui s'humiliera sera élevé. Je sens ma pauvreté et ma misère , mon néant et ma corruption , faites -moi miséricorde, et remplissezmoi de votre amour.

l58 DEGRis POIR s'ÉLEVEn

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