‹ Le prédicateur de l'amour de DieuChapitre 37 sur 54 · DOUZIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DOUZIÈME JOUR

Pour aimer Dieu , soyez avides de souffrances.

Vous n'êtes point sur la terre pour être heureux : vous y avez été placé pour travailler et combattre , pour être humilié , souffrir et mourir. Si vous refusez de souffrir ici-bas , attendezvous à souffrir éternellement. Vous êtes mortel , vous avez péché; vous croyez en un Dieu, homme de douleurs ^qui vous a enfanté sur la croix : c'est par la croix qu'il veut vous sauver. N'est-il pas de votre intérêt de rendre salutaire et méritoire tout ce que vous aurez à souffrir ?

Le Seigneur visite par les croix qu'il envoie. Malheur h ceux qui neconnoissent pasle temps que le Seigneur a choisi pour les visiter ! Heureux , au contraire , ceux qui travaillent à se rendre dignes d'en être visités !

Ainsi, soyez prêt à souffrir pour Dieu, tout ce qui lui plaira : consentez h. être éprouvé , comme il éprouve les âmes qu'il veut purifier parfaitement : priez -le même de travailler sur vous, comme un ouvrier travaille sur le marbre ou le bois , afin de lui ôter sa première forme, et de lui donner celle que son imagination

A UN GRAXD AMOUR. l85

a conçue. Désirez qu'il vous dispose à la perfection par les souffrances , si telle est sa volonté. Plus elles sont rudes , plus elles domptent la nature rebelle. Lorsque vous souffrez , regardezvous comme une toile sur le métier, soumise à l'action du Saint-Esprit, qui dans le dessein de faire un excellent ouvrage , perce votre âme par la douleur , comme avec une aiguille , pour faire passer la soie et les couleurs. Pénétré de reconnoissance et de joie , bénissez la main de Dieu.

Jésus-Christ a souffert , il a fallu qu'il souffrît pour entrer dans sa gloire. Il vous dit : considérez-moi , et conformez-vous à moi , qui suis votre modèle. Si vous voulez être mon disciple, renoncez-vous vous-même , portez votre croix. Au lieu d'en rougir, respectez- la; au lieu d'en être ennemi, aimez-la.

Dans tous vos maux, souvenez-vous des plaies de Jésus-Christ; tenez -vous continuellernent fixé en lui , avec un ardent désir de souffrir pour son amour. Ressentez dans votre cœur ce qu'il a ressenti dans le sien ; imprimez dans votre esprit ses douleurs. Occupez-vous de sa mort, il ne vous en coûtera pas de souffrir , vous aimerez à souffrir.

A la vue de votre crucifix , faites ces trois réflexions : Quelle rigoureuse justice Dieu le Pcre n'a-t-il pas exercée sur son propre Fils !

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Quel est le prix des âmes pour le salut desquelles le Fils unique de Dieu n'a pas épargné son sang ! Quel amour Dieu n'a-t-il pas eu pour les hommes ! Après avoir fait ces considérations vous direz : Seigneur , accordez-moi de souffrir quelque chose pour vous : je préfère la disette à l'abondance, les opprobres à la gloire, les souffrances à toutes les joies du monde ; faites^ moi passer ici-bas par un long et rigoureux pur* gatoire > qui me purifie si parfaitement , que je puisse être admis, aussitôt après ma mort, à vous contempler dans votre beauté.

Saintes Affections.

0 Jésus crucifié , je jn'attache à vous entièrement et sans réserve. C'est voire amour qui vous a cloué sur la croix , l'amour m'y conduira , m'y attachera , m'y retiendra. Je me plairai sur la croix , parce que j'y serai avec vous. Je me pénétrerai de vos souffrances par la méditation : donnez-moi la grâce de le* goûter, de les sentir , de les exprimer en moi par une mortification continuelle. Qu'il me seroit doux de souffrir quelque chose ! Que nepuis-je mourir pour vous témoigner que je vous aime, et pour vous faire aimer ! Faites que je vive dans votre amour, pour votre amour, et de votre amour. 0 Jésus , mon amour , contentez mon amour ! - :

X A tJN GRAND AMOUR. l85

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