‹ Le préhistorique antiquité de l'hommeChapitre 28 sur 72 · DISTRIBUTION DU CHELLÉEN · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DU CHELLÉEN

§ 1 . Modes de gisement. — Les outils chelléens se rencontrent dans trois genres de gisements différents : les alluvions caillouteuses, certaines couches argileuses, et disséminés à la surface du sol.

i« Alluvions caillouteuses. Les sablières, gravelièrcs ou

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balastières, ouvertes dans Jes alluvions quaternaires, constituent le mode de gisement le plus intéressant et le plus important des coups de poing cheliéens :

Le plus intéressant, parce que c'est grâce à ce mode de gisement qu'on peut les dater d'une manière certaine ;

Le plus important, parce que c'est là qu'on trouve les échantillons les plus caractéristiques , et l'on pourrait même dire les plus abondants. Il suffit de citer les carrières de graviers de Saint-Acheul, d'Abbeville, de Chelles et de Paris.

2° Couches argileuses appartenant au quaternaire, mais généralement situées sur des points plus ou moins élevés, où les alluvions caillouteuses, plus lourdes, n'ont pas pu arriver. Tels sont les ateliers du Bois-du-Rocher ( Côtesdu-Nord), de Tilly (Allier), de Charbonnières (Saône-ct^ Loire).

3° Pièces disséminées à la surface du sol, et par suite mêlées avec des objets d'époques les plus diverses. Sur les points élevés où les alluvions quaternaires, même les plus tenues, n'ont pas pu parvenir, il ne s'est eri général formé aucun dépôt. Ces points à sec ont dû être habités autant et même plus que les autres à l'époque chelléenne. Les hommes de cette époque ont dû y abandonner, comme dans les alluvions, les débris de leur industrie. Seulement ces débris se sont successivement mêlés à ceux de toutes les époques suivante^ jusqu'à nos jours. Ils ne peuvent donc être déterminés que par comparaison. Heureusement la comparaison fournit des données suffisamment certaines. Comme exemples de ce mode de gisement, on peut citer, dans l'Yonne et dans l'Aube, les plateaux de Cerisiers, de Vaudeurs, de la forêt d'Othe, etc.; dans la Vienne, certains plateaux de l'arrondissement de Ghâtellerault.

§ 2. Vallée de la Somme. — La vallée de la Somme est une des plus riches en instruments cheliéens gisant au

milieu des alluvions quaternaires, associés à des ossements d'éléphants et de rhinocéros. C'est là que Boucher de Perthes a fait la grande découverte qui immortalisera son nom. Sa première trouvaille a été un silex taillé du type chelléen, recueilli en 1832 à Thuison, aux portes d'Ahbe* ville. Cette pièce se trouve maintenant au musée de Saint- Germain.

Grâce à Theureuse et active initiative de Boucher de Perthes, les recherches ont été poussées avec ardeur et succès à Abbeville. Dans la ville même, on a recucilH un certain nombre d'instruments chelléens, en 18H, lors des travaux d'excavation pratiqués par le génie militaire derrière l'hôpital. Douze ou quinze ans après, on en a rencontré en abondance en creusant les fossés de la porte Mercadé. Ces fossés ont été creusés jusqu'au-dessous du niveau de la Somme, à 3 mètres au-dessus de la mer.

Les instruments chelléens en silex de la craie abondent dans les alluvions quaternaires tout autour d'Abbeville. On en a recueilli, à Menchccourt, de i!2 à 15 mètres au-dessus de la mer; au Champ de Mars ; à Moulin-Quignon, de 30 à 32 mètres ; à Saint-Gilles, à peu près à la même hauteur ; de l'autre côté de la vallée, à Mautort, de 11 à 26 mètres ; enfin, un peu plus en amont, à Mareuil, jusqu'à 34 mètres.

Amiens est un autre centre qui a fourni, encore plus qu' Abbeville, des instruments chelléens provenant des alluvionsquaternaires. C'est là que se trouve le gisement le plus abondant^ Saint- Acheul, plateau situé à l'entrée du faubourg de Noyon, à 46 mètres au-dessus de la mer et 26 mètres au-dessus de la Somme. Le nombre de coups de poing chelléens sortis de ce gisement est prodigieux. RigoUot, qui est un des premiers collectionneurs, dit qu'en cinq mois les ouvriers en ont trouvé plus de quatre cents, mettons une moyenne de huit cents par an. Il y a vingtcinq ans de cela. Ce serait un total de vingt mille échan-

tillons. Ce chiffre ne doit pas être loin de la vérité, il serait plutôt trop faihle que trop fort. Les instruments chelléens de S.aint-Aclieul, qui se rencontrent en nombre dans toutes les collections, varient beaucoup d'aspect et de patine, suivant les niveaux d'où ils sont extraits.

Des instruments chelléens ont aussi été trouvés à Saint- Roch, autre faubourg d'Amiens, mais à un niveau bien inférieur, 30 mètres environ. Là ils sont tous d'un beau blanc. Sur la berge qui se voit en face de Saint-Roch, audessus de Renancourt, dans des gravelières qui dominent la crête, j'ai recueilli des types chelléens à une altitude de 50 à 60 mètres. Ce sont ces coups de poing qui ont souvent été indiqués comme de Montières. En amont d'Amiens, on peut indiquer comme localités à instruments chelléens Longueau etBoves.

Un troisième centre est le canton de Moreuil sur l'Avre, petit affluent de la Somme. On peutciter dans ce canton par ordre alphabétique : Aubercourt, 95 mètres d'altitude ; Beaucourt, 90 mètres ; Contoire ; Demuin, deux stations, 95 et 104 mètres; Domart-sur-la-Luce ; Hangard, 95 mètres ; Mézières, 90 mètres ; Moreuil ; Thennes, 51 mètres au-dessus de la mer et seulement 15™, 50 au-dessus de TAvre, et Villiers-aux-Erables. Ces silex chelléens sont disséminés dans le limon plus ou moins caillouteux et dans les graviers quaternaires.

Toute la vallée de la Somme contient des silex chelléens dans les alluvions quaternaires. S'ils ont l'air d'être surtout concentrés sur trois points spéciaux, cela tient simplement à ce que, sur ces trois points, il y a eu des chercheurs habiles et actifs : à Abbeville, Boucher de Perthes; à Amiens, Rigollot et tous les collectionneurs qui sont venus successivement s'y approvisionner ; dans le canton de Moreuil, M. Ernest d'Acy. Il s'en trouve aussi ailleurs : M. Bourdequin en a recueilli à Moutdidier; Buteux en a

HOAllIE QUATERNAIRE. Kl

signalé à Damcry ; M. G. Lecocq, à Tertry, et M. N. de Mercey, à Epéhy.

§ 3. Pas-de-Calais. — Les alluvions quaternaires à ossements fossiles, disséminées dans le département du Pasde-Calais, ont aussi fourni des instruments chelléens ea silex de la craie. On en a trouvé àBalinghem, Hargicourt, Hesdigneul, Hesdin, Péhem et surtout à Vaudricourt. On en a cité en outre de huit ou neuf autres localités, sans indiquer le mode de gisement, ou bien comme rencontrés à la surface du sol.

§ 4. Bassin de la Selae. — Dès que la découverte de Boucher de Perthes fut bien constatée, en 1859, un Genevois, M. Hippolyte Gosse, se mit à visiter avec soin les carrières de gravier de Paris. Il y reconnut bientôt la présence de silex évidemment taillés. Plus tard, ces recherches ont été patiemment continuées par Martin et par M. Reboux. Ces chercheurs ont recueilli un très grand nombre d'échantillons, mais les instruments chelléens sont toujours restés en très petite minorité. Ils ne se trouvent que dans les couches les plus profondes. Tous sont en silex; seulement ici, outre le silex de la craie, j'ai pu constater l'existence de quelques très rares échantillons en silex d'eau douce.Martin explorait surtout les sablières de la plaine de Grenelle; M. Reboux visite régulièrement la rive droite de la Seine, du Point-du-Jour et de Billancourt à Levallois- Perret et à Clichy. Les sablières de Bois-Colombes ont aussi fourni de beaux échantillons. On en a également recueilli dans la sablière de la gare du Pecq, sous Saint-Germain, où les instruments chelléens sont rares. Les balastières de Mantes en ont donné un certain nombre. Enfin, les carrières de sable et de gravier de Sotteville-lès-Rouen ont aussi fourni des instruments chelléens très beaux. Cochet et Thaurin les ont signalés dès 1860. Un grand nombre d'autres indications ont été données pour la Seine-In»

férieure ; mais, au lieu d'être dans la vallée de la Seine, elles se rapportent presque toutes au versant du département dont les eaux s'écoulent directement dans la Manche, arrondissement de Dieppe et de Neufchâtel. Mais^ comme pour la Somme, cela tient très probablement à la présence dans ces arrondissements de deui^ actifs chercheurs, MM. Hardy et Daliphard.

La vallée de TOise, soit dans les alluvions quaternaires, soit à la surface, a fourni de nombreux silex chelléens, surtout dans le département auquel la rivière a donné son nom. On en signalait dès 1865, de la balastière de Précysur-Oise, près Greil ; mais le gisement le plus abondant est celui de la balastière de Montguillain, commune de Goincourt, dont M. Baudon possède une magnifique série. Les silex taillés y abondent et sont revêtus d'une brillante^ patine toute particulière. La vallée latérale de l'Aisne en a fourni également. Ainsi, à Soissons, Watelet en cite de la surface du sol et d'une sablière exploitée pour le chemin de fer. A Ghavignon on a recueilli dans le sable un instrument chelléen triangulaire, en grès lustré.

La vallée de la Marne contient le gisement le plus caractéristique de cette époque, à Ghelles. Il est si caractéristique, que je l'ai choisi comme type et que j'ai donné à l'époque le nom de chelléenne, 11 remplace avantageusement Saint-Acheul, qui est moins pur comme industrie et comme faune. Ge sont MM. Le Roy et Ghouquet qui ont fait connaître ce gisement, surtout à l'Exposition des sciences anthropologiques en 1878. Les silex et ossements proviennent dévastes balastières exploitées pour le chemin de fer. Le reste de la vallée a fourni de nombreux échantillons, disséminés à la surface, dans diverses localités de Seine-et-Marne et de la Marne. Il en a été trouvé jusque .dans la Haute- Marne, au sommet de la vallée, au camp xle Rolampont, près de Langres.

C'est aussi à la surface du sol que se trouvent disséminés les instruments chelléens dans le haut de la vallée de la Seine et dans la vallée de l'Yonne. Pourtant quelques uns ont été recueillis en place dans les assises quaternaires. Tel est un joli coup-de-poing, du musée de Troyes, trouvé aux Noès, dans des limons rouges. Les pièces sont d'autant plus abondantes qu'elles sont dans des régions plus riches en silex naturel. Ainsi on en rencontre en très grande abondance dans la région de la forêt d'Othe, qui s'étend surtout sur le canton d'Aix, dans le département de l'Aube, et celui de'Gerisier, dans le département de l'Yonne. Lés instruments chelléens en silex sont très communs dans ce dernier département. M. Philippe Salmon en cite de vingt communes, tous de la surface. En se rapprochant des montagnes et s'éloignant par conséquent de la craie, principal gisement du silex, les instruments chelléens diminuent. Pourtant, quand dans une région il y a un chercheur actif, il peut encore en recueillir disséminés un peu partout. C'est le résultat qu'a obtenu M. Hippolyte Marlot pour l'arrondissement de Semur (Côte-d'Or), sommet de la vallée de la Seine.

Dans la vallée du Loing, M. de Girardot a découvert à Girolles (Loiret) de nombreux instruments chelléens, ou plutôt des ébauches de ces instruments.

§ 5. Normandie et Bretaijsne. — En descendant la Seine, la Normandie nous offre une distribution analogue à celle de l'extrémité supérieure du bassin. Là où existe la craie à silex, les instruments chelléens se montrent en certaine abondance ; là où le silex disparaît, ils deviennent moins nombreux et même rares. D'autre part, les découvertes se font surtout dans les centres d'action des collectionneurs ou chercheurs. C'est ainsi que, dans le Calvados, l'arrondissement de Falaise nous a fourni des silex chel léens à Olendon, à Saint-Quentin de la Roche, au Monl-

Joly, elc , grâce aux persévérantes recherches de M. G. Gostard.

En Bretagne, par suite de la constitution géologique du sol, les silex naturels font complètement défaut, les instruments chelléens manquent aussi. Pourtant MM. Micaultet Fornier ont signalé au Bois du Rocher, commune de Saint-Helen (Gôtes-du-Nord), un atelier de fabrication de ces instruments. Seulement, au lieu d'être en silex, ils sont en quartzite, espèce de grès à ciment siliceux, très compact. Auprès des affleurements de la roche, on reretrouve non seulement des ébauches et rebuts d'instruments, mais encore de très nombreux éclats de taille, ce qui prouve bien que c'était là un atelier de fabrication. Les pièces sont généralement très petites par suite de l'étal fragmenté de la roche. Elles gisent dans une argile rouge quaternaire.

§ 6. Bassin de la Loire. — Dans la Loire-Inférieure, M. Marionneau a recueilli quelques coups-de-poing chelléens en silex à Vertou et à la Haye-Fouassière. M. Pitre de Llsle en a recueilli dans une carrière de graviers de rOuche, à Aigrefeuille.

On en a signalé à Ecouflant, au confluent du Loir, de la Sarthe et de la Mayenne.

Le département auquel cette dernière rivière donne son nom ne contient pas de silex naturels, mais bien des quartzites très compactes; aussi y trouve-t-on, à Hambers et à Mézangers, des instruments chelléens en quartzite, signalés par M. E. Moreau.

La vallée du Loir, qui s'ouvre dans une région à silex naturels, contient des instruments chelléens en cette roche. Bourgeois en a recueilli parfaitement en place^ dans le fond des tranchées du chemin de fer, à Vendôme, au nai* lieu des graviers et cailloux quaternaires. M. Ballet en indique des sablières de Marboué (Eure-et-Loir). On en

rencontre aussi de disséminés à la surface du sol, d'après MM. de Nadaillac et de Maricourt.

Dans la Nièvre, à Sauvigny-les-Bois, près de Nevers, se trouvent des silex d'eau douce tertiaires, qui ont été fréquemment taillés. Parmi eux Ton voit en certaine abondance des instruments chelléeus ; seulement, comme la matière première est de mauvaise qualité, les formes des instruments sont grossières. Ce gisement a été étudié d'une manière toute spéciale par M. Jacquinot, qui pense que les pièces gisent dans un sable quaternaire.

Plus en amont de la Loire, sur la rive droite du fleuve, dans l'arrondissement de GharoUes, et sur la rive gauche dans toute Tétendue des vallées de la Bèbre et de l'Odde, on trouve des instruments chelléens disséminés à la surface du sol. On en a cité de dix communes du Gbarollais et de huit des petites vallées de la rive gauche. A Digoin, des échantillons ont été recueillis dans une carrière de cailloux quaternaires.

Les gisements de la rive gauche, dans le département de r Allier, découverts et décrits par M. Bailleau, sont surtout très intéressants. Dans la commune de Molinet, il y a deux stations bien caractérisées, à Ëstrées et aux Parisiens. Les instruments chelléens y sont très nombreux et tous fabriqués en silex opaque, jaunâtre, jaspoïde, provenant des bords de la Loire, où il se trouve soùs forme de c^^illoux roulés. Une grande quantité de pièces disséminées dans le Gbarollais et l'Allier sont aussi en silex de cette nature et de cette provenance.

Mais le gisement le plus intéressant est celui de Tilly, commune de Saligny (Allier). Il ne contient presque que des instruments chelléens, fabriqués en silex d'eau douce tertiaire local, ayant un aspect généralement résinoïde. Ces instruments y sont si nombreux que M. Bailleau en a recueilli plus d'un millier. Ils reposent dans une couche

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argileuse d*oii ils sont amenés à la surface par les travaux agricoles.

La partie supérieure du bassin de la Loire, soit les départements de la Loire,de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme, n'a pas encore, que je sache, fourni de types chelléens. Pour en retrouver, il faut redescendre jusque dans la vallée du Cher. Dès son origine dans le département de TAllier, on signale un instrument chelléen en silex dans les alluvions quaternaires d^Huriel. Quant aux échantillons disséminés à la surface, ils ont été signalés en divers endroits, mais surtout dans les environs de Pont* levoy,oii se trouvaient plusieurs collectionneurs: Bourgeois, Bouvet et M. Delaunay. C'est un motif analogue, la collection de Yibraye, qui fait que les indications données j)our la petite vallée du Beuvron, sont fort nombreuses. On pourrait citer une quinzaine de communes, rien que pour la partie de Tarrondissement de Blois qui est sur la rive gauche de la Loire.

Dans la vallée de Tlndre, on peut indiquer Ghâtillonsur-Indre ; dans celle de la Creuse, Pouligny-Saint-Pierre (département de Tlndre), et surtout dans la petite vallée latérale de la Claise, Bossay, Boussay, Preuilly etPressignyle-Grand, à la surface et dans les alluvions quaternaires.

Dans la vallée de la Vienne les instruments chelléens abondent. Les cinq arrondissements du département de la Vienne en ont fourni. Celui qui est le plus riche est Tarrondissement de ChâtellerauU, puis ensuite le nord de celui de Poitiers. On y a recueilli des milliers d'échantillons à la surface du sol. A Sommières on rencontre des instruments chelléens en jaspe multicolore, roche toute locale du plus bel effet.

§ 7. Vendée, Sèvres, Charente». — En Vendée, je ne connais encore qu'une indication. Elle a été donnée par M. Benjamin Fillon. Il a recueilli six instruments chei-

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]éens, dans son parc de la Court, à Saînt-Cyr-en-Talmondais : un est en quartz de filon, trois en jaspe et seulement deux en silex.

Les Deux-Sèvres n'ont aussi fourni qu'une indication, Availle-sur-Ghizé, arrondissement de Melle.

Beaucoup plus riches sont les Gharentes. Le département de la Charente-Inférieure l'est davantage encore que celui de la Charente. Les types chelléens en silex se rencontrent soit à la surface, soit dans les alluvions quaternaires. Parmi ces derniers on peut citer ceux de la gravelière des Quatre-Ghemins à Angouléme ; de la balastière de Mainxe (Charente) ; des balastières de Tartifume à Bougneau, de Mosnac, de Salignac^ de Pons, etc. (Charente- Inférieure). Les balastières de la Charente-Inférieure ont surtout été étudiées par M. Maufras.

§ 8. Bmssin de la Dordoipie. — Le nord du département de la Gironde et le département de la Dordogne, régions très riches en silex naturels, sont aussi très abondamment pourvus d'instruments chelléens. On en trouve de disséminés partout à la surface. Ils sont même très nombreux sur certains points. Cette abondance est telle qu'on ne se donne pas la peine de les rechercher en place. Aussi, sur vingt-deux communes signalées comme ayant ^ourni de ces instruments, je n'en connais qu'une seule, celle de Saint-Géraud-de-Corps, arrondissement de Bergerac, où ils sont indiqués comme provenant des alluvions quaternaires. C'est surtout dans l'arrondissement de Bergerac que les instruments chelléens se rencontrent.

On en trouve aussi assez abondamment dans la vallée de la Yézère, non seulement dans l'arrondissement de Sarlat (Dordogne), mais encore dans celui de Brive (Gorrèze). MM. Philibert Lalande et Massenat y ont découvert divers échantillons disséminés, et un gisement en place dans la balastière des Pallènes, commune de Brive.

. Dans le haut du bassin, à Saint- Denis, près Martel, M. Ph. Lalande indique un instrument chelléen, et dans la vallée de la Gère, M. Rames en signale aussi quelques-uns.

§ 9. Baiisia de la Gironde. — Dans la partie inférieure, instruments chelléensen silex; dans la partie supé« rieure, instruments en quartzites. C'est surtout dans la région des silex naturels qu'on trouve les premiers, rive droite du fleuve et bas de la vallée du Lot, soit arrondissements de Marmande et de Yilleneuve-sur-Lot. Ils ont été cherchés par M™* de Cardenal et par MM. Gombes et Landesque. Un gisement, signalé par M. Gassies, celui de Soumensac, arrondissement de Marmande, est surtout intéressant parce que les instruments qu'on y recueille sont en silex calcédonieux transparent, roche locale.

Aux environs de Montauban, surtout dans les petites vallées du Tescou, affluent du Tarn, et de la Tauge,affluent deTAveyron, M.Aliberta signalé un certain nombre d'instruments chelléens. Ils sont généralement en quartzite ou en quartz de filon^ roches des Pyrénées, qui se trouvent à l'état de gros cailloux roulés, dans les alluvions quaternaires. Sur 38 échantillons de Montauban et des environs que j'ai pu étudier, il y en avait 34 en quartz ou en quartzite, à peu près un nombre égal pour chaque roche, et seulement 4 en silex.

Plus haut, dans la vallée du Tarn, MM. Jaybert et Gabié ont encore recueilli des instruments chelléens en quartz et en quartzite à Roquemaurc et à Rabastens. Ou cite même un instrument en silex à Montans, près de Gaillac.

En 1868, M. d'Adhémar signala la découverte de nombreux instruments chelléens dans les deux petites vallées de la Sausse et de la Geillonne, qui se jettent dans le Lhers, près de Toulouse. Ils sont fabriqués avec des cailloux roulés quaternaires de quartz et de quartzites, qui ne se trouvent pas sur place et qu'il fallait aller chercher dans

le lit des grands cours d'eau voisins, la Garonne et le Tarn. Ces instruments se rencontrent par milliers dans la commune de Lavaletle. Us continuent à se montrer dans toutes les communes voisines, mais en diminuant progressivement de nombre. Us s'étalent surtout sur une terrasse qui domine le cours d'eau de 7 à 8 mètres, et ils se rencontrent dans une alluvion argileuse quaternaire d'où la charrue les ramène à la surface du sol.

Déjà en 1851 et 1855, M. Noulet avait signalé un ou deux de ces instruments trouvés à Yenerque et à Glermont>sur- Ariège, bien en place, dans les alluvions quaternaires argileuses, associés à des ossements d*éléphants, de rhinocéros et autres animaux fossiles.

Les points les plus extrêmes du bassin qui ont fourni des instruments chelléens sont Gintegabelle, au bas de la vallée de l'Ariège, et Fonsorbes, sur la rive gauche de la Garonne. Plus haut, dans la région montagneuse, il n*en a , pas été rencontré.

§ 10. Bassin de TAdonr. — Le même mélange d'instruments chelléens en silex et en quartzite existe au pied des Pyrénées à l'autre extrémité de la chaîne. L'arrondissement de Dax a fourni un certain nombre d'échantillons fabriqués avec des cailloux ix^ulés, quaternaires, de quartziles et de quartz. 11 a donné aussi quelques pièces en silex, mais beaucoup plus rares. Au contraire, l'arrondissement de Bayonne n'a donné que de ces dernières. Un des échantillons des environs de Dax est en calcaire siliceux.

§ il. Bassin du Rhène. — La vallée du Rhône proprement dite jusqu'à présent n*a rien fourni en fait d'instruments chelléens. Pour en trouver, il faut remonter jusque dans la vallée de la Saône, et même jusqu'au déparlement de Saône-et-Loire. Dans Tarrondissement de Màcon, les argiles à silex tertiaires constituent une assise assez déve-

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toppée qui a alimenté plusieurs ateliers de taille à Tépoque chelléennei Le plus important de tous est celui de la Charbonnière ou de Charbonnières. De Ferry y a recueilli plusieurs centaines de types chelléens, pièces simplement ébauchées, d'autres cassées pendant la fabrication, échantillons manques à cause de la mauvaise qualité du silex, enfin instruments parfaitement finis. Le tout est à la surface de Targile à silex, sous une couche de lehm ferrugineux ou terre argilo-sableuse rouge quaternaire. Quelques pièces se mêlent à la terre végétale et même viennent jusqu'à Tair libre par suite des travaux agricoles. Des atehers de moindre importance, dans des conditions analogues^ se trouvent à Bussières, Verzé, la Salle, et des pièces isolées ont été recueillies dans d'autres localités.

Les types chelléens disséminés ont aussi été signalés dans Tarrondissement de Chalon-sur-Saône et dans celui de Beaune (Côte-d'Or).

Dans la Haute-Saône, M. Perron a indiqué des instruments chelléens à Etrelles, en silex tertiaire du pays. Il en a aussi recueilli un à Gray dans les graviers de la Saône. Enfin, M. Bouillerot en a trouvé de disséminés dans la plupart des communes du canton de Vitrey. Dans Tune d'elles, Chauvirey, il a constaté qu'un de ces instruments en silex était fait avec une chaille ou nodule jurassique de la région.

§ 12. BassIh du Rhin, Allemagne. Rossie. — Je ne connais encore qu'une seule indication d'instrument chelléen dans le vaste bassin du Rhin. C'est un coup-de-poing en silex trouvé en 1870 dans le quaternaire de la gare de Verdun, vallée de la Meuse. 11 a été signalé par M. Liénard.

En Suisse on n'a encore rien trouvé.

En Allemagne il y a eu trois indications concernant l'industrie quaternaire :

La première à la Société d'anthropologie de Berlin, séance

du 15 janvier 1870. M. Friedel annonce que des outils en silex ont été trouvés dans le quaternaire de Havel, près de Brandebourg, non loin de Berlin.

La deuxième^ au septième Congrès des anthropologistes allemands, en 1876, silex grossièrement travaillés et charbon de bois associés à des débris de la faune quaternaire: bison, Elephas anttquus, Rhinocéros Mérckii^ dans une sablière à Taubach près de Weimar.

La troisième^ au neuvième Congrès des anthropologistes allemands, à Kiel, en 1878. M. Nebring déclare avoir trouvé, à Tieda, près de Wolfenbûttel, duché de Brunswich, à 9"',30 de profondeur, dans le quaternaire ancien, un instrument de silex associé au mammouth. Malheureu* sèment je n'ai pu ni voir ni étudier ces divers silex, je ne puis donc les apprécier et dire à quel type ils se rapportent. Je suis plus heureux pour ce qui concerne la découverte faite à Mourom, sur les bords de TOka, en Russie, de silex travaillés et de débris de mammouth dans une assise quaternaire. J'ai examiné les échantillons en 1879, à Texposition de Moscou, et puis certifier qu'ils ne se rapportent ni à l'époque chelléenne ni même à l'époque moustérienne.

§ 13. Angleterre (1). — La partie sud-est de l'Angleterre, comme le bassin de la Somme, a fourni quelques instruments chelléens en silex de la craie à la surface du sol, et en très grand nombre dans les alluvions quaternaires. Les premiers signalés l'ont été de longue date, mais on n'a pas su tirer les conséquences qui découlaient de leur découverte. Ainsi un magnifique coup-de-poing chelléen a été découvert vers la fin du dix-septième siècle dans le bassin de la Tamise à côté de débris d'éléphants. Le dessin en a été publié en 1715 par Bagford et l'échantillon se

(1) John Evans, The Ancient Stone ïmplements of Great Bri" tain, 1872. Excellent ouvrage traduit en français par E. Barbier : Les âges de la pierre de la Grande-Bretagne, 1878.

Il

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voit actuellement au British Muséum. En 1797, des ou* vriers trouvèrent à Hoxne, comté de Suffolk, dans de l'argile quaternaire, trois instruments chelléens associés également à des ossements d'éléphants. Frère les décrivit et en figura deux en 1800, dans Arckeologia, Ces trois instruments sont également dans les galeries du Britisii Muséum.

La station de Hoxne, qui a fourni un certain nombre de silex chelléens, se trouve dans la vallée du Waveney, petit cours d'eau qui sert de limite entre le Suffolk et le Norfolk. Les silex taillés se rencontrent dans des argiles quaternaires exploitées pour faire des briques. C'est le seul point de la vallée qui en ait fourni.

Mais plus à Touest le bassin de TOuse et de tous ses affluents a fourni à MM. Prestwich, Evans, Flover, etc., en très grande quantité les instruments chelléens, répartis un peu partout dans les alluvions quaternaires. Les premières découvertes ont été faites, en 1861, par M. James Wyatt, aux environs de Bedford, à Biddenham. Les couches de graviers quaternaires surmontent une colline peu élevée, ayant environ 3 kilomètres de longueur sur 1 kilomètre de largeur. Le point le plus élevé atteint par le gravier est i8 mètres et la base 15 mètres au-dessus de la rivière qui entoure presque entièrement la colline. Gomme approvisionnement des collections, le bassin de l'Ouse remplace avantageusement en Angleterre le bassin de la Somme. Les instruments sont en silex de la craie très répandus dans le pays. On en trouve aussi quelques-uns en quartzite, en quartz et même en roche feldspathique, roches erratiques disséminées dans la contrée. M. W. Greenyrell a découvert, avec ces instruments, des cailloux de quartzite portant aux extrémités des éraillures et étoilures qui prouvent qu'on les a employés comme percuteurs.

Si le bassin de TOuse a de l'analogie avec celui de la

Somme, le bassia de la Tamise et de ses afQuenls en a beaucoup aussi avec celui de la Seiac. Des découvertes ont été faites dans les faubourg de Londres et dans de nombreuses localités de la vallée principale ou des petites vallées latérales. Mais les pièces trouvées à la surface sont plus nombreuses que celles provenant de gisements bien déterminés. Parmi ces dernières il en est qui gisaient dans les graviers quaternaires à des hauteurs assez considérables au-dessus du fond des vallées : 21 mètres à Acton« au-deâsus de la Tamise, et 25 à 30 mètres à Thanington, près Gantorbéry, au-dessus du Stour. C'est la partie inférieure du bassin de la Tamise, le comté de Kent, qui a fourni le plus d'échantillons. On en a recueilh un certain nombre sur le bord de la mer, entre Herne-Bay et Reculver, localité découverte par M. Thomas Leech. Ces instruments chelléens tombent du haut de la falaise, qui est recouverte d'alluvions quaternaires. Tous les échantillons du bassin de la Tamise sont en silex de la craie, sauf un de Recul ver qui est fait avec un caillou du tertiaire inférieur.

En suivant la côte méridionale de l'Angleterre qui borde la Mauche, il faut aller jusqu'à l'ile de Wight, à Tcstuaire de Southampton, pour rencontrer de nouveaux instruments chelléens. On en a fait une récolte assez importante dans les sablières des environs de la ville. On eu a trouvé même dans l'ile de Wight, entre autres à Brading.

Mais c'est surtout un peu plus à l'ouest, dans le bassin de TAvon, que réapparaissent les gisements à instruments chelléens. Déjà en 1846 on avait recueilli un de ces instruments aux environs de Salisbury. Depuis, les découvertes se sont multipliées, grâce aux recherches de MM.Blackmore, Stevens et James Brown. Lake, à 9 kilomètres en amont de Salisbury, est le point supérieur de la vallée où ont eu lieu ces découvertes. Le gisement le plus abondant est le

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sommet de la colline, qui forme éperon au confluent de l'Avon et du Bourne. Les graviers quaternaires ont environ 4 mètres de puissance à 30 mètres au-dessus des deux cours d'eau. Les instruments sont plus abondants au sommet de la colline que sur ses flancs. Ils sont généralement en silex de la craie ; pourtant quelques-uns sont en quartz, roche dont on trouve des cailloux disséminés dans le gravier. A 9 kilomètres en aval de Salisbury^ près de Downton, M. Prestwich a encore trouvé un type cheHéen dans des graviers à environ 46 mètres d'altitude au-dessus de TAvon.

La vallée du Stour, qui vient se joindre à celle de l'Avon près de la mer^ n'a encore donné qu^un instrument. En suivant la côte vers l'ouest, on en a trouvé davantage vers le port de Poole. On en signale encore quelques-uns disséminés jusque dans le Devonshire, vallée de l'Axe, où il s'en trouve en quartzite.

§ 14. Italie et Gréée. — Dès 1850, M. Scarabelli signalait des instruments chelléens en silex brun, recueillis à la surface du sol, aux environs d'Imola^ près de l'Aj^ennin, vallée du Vàf}:UJ<)iCHc/^^ Aùé:â/iJ^,xyf fi/érj.

Depuis, les découvertes se sont multipliées en Italie. J^ai pu le constater d'une manière certaine à l'Exposition préhistorique de Bologne, en 1871. On les signale surtout sur le versant de l'Adriatique. Elles se sont faites, en allant du nord au sud, sur le territoire de Gamerino ; dans la vallée de la Vibrata, province de Téramo ; dans la province de Ghieti ; dans celle de Molise ; enfm dans la Gapitanate, à Monte-Gargano. Les plus importantes sont celles de la vallée de la Vibrata, si bien explorée par Gonsenzio Rosa. Il a trouvé dans cette vallée un certain nombre de coups-de-poing chelléens ou silex, la plupart à la surface du sol ; cependant il en a donné un au musée de Saint- Germain avec la mention^: (< alluvions caillouteuses de la Vibrata ». /:/-'''. y !<' ^i^^*^' ^x/x. ^ ^-^^

Dans la province de Molise, M. Pigorini (i) indique un très bel instrument chelléen, en silex, trouvé à près de 6 mètres de profondeur, entre une couche d'argile et une de gravier, près du village de G^ppagna, à 5 ki- èJ lomètres environ au sud-ouest de Venafro. '

A Venosa, province de Potenza, Basilicate, M. Ciccimarra a récolté deux instruments chelléens en silex et plusieurs autres en diaspre terreux. Ils étaient associés à des ossements d'éléphants dans un tuf volcanique.

Sur le versant méditerranéen on n'en a encore signalé que sur un point, les environs de Pérouse. Mais c'est le point qui en a le plus fourni de toute Tltalie. C'est quMl y a là un chercheur de premier ordre, M. Giuseppe Bellucci. Au moment de Texposition de Bologne, en I87i, il n'en possédait qu'une dizaine. En décembre J873 il en avait plus de cinquante. Et depuis ce nombre a encore bien augmenté. Ils sont presque exclusivement en silex pur, pourtant il y en a en silex argileux qui s'altèrent profondément. Quant au gisement^ ces instruments étaient à fleur de terre comme tous les autres. La station d'Abeto, territoire de Norcia, qui en a fourni en certaine quantité, est environ à 700 mètres d'altitude.

Les instruments chelléens, se rencontrant assez abondamment en Italie, peuvent très bien exister aussi en Grèce. La Revue archéologique [^) de janvier i867 indique à Mégalopolis en Arcadie, dans des sables quaternaires, avec ossements de grands pachydermes, un instrument chelléen en silex. Malheureusement les instruments en pierre de Grèce ne sont pas en silex, et l'auteur de la nouvelle, dans le même article, indique comme de Grèce des pièces venues certainement d'un autre pays, comme

(1) Pigorini, Bull, di paletnologia italiana^ juillet 1876, p. 121, , *^'. fh pi. IV, fig. 1 et 2.

(2) Lenormant, Revue archéêlogique, 1867, vol. XV, p. 18.

176 ARCHÉOLOGIE PnËH[ST0R1C|UE.

en peut s'en assurer en eiaininanL les échantillons qu'il a

déposés au musée de Saint- Germain.

§15. EspaRN*, PorlDitnl el Afrique. — En 1863, Edouard de Verneuil, Casiano de Prado et M. Louis

Fig. I«. — Coupa du Urnia qu vigèUle. — SO. Ssblei «I gn sveo éUphBnU. — C. Caillou

rhomme,lii», p.îlH).WC'i

Lartet découvrirent un coup-de-poing chelléen dans les alluvinns quaternaires de la vallée du Manzanarès, à San

HOMME QUATERNAIRE. i7T

Isidro, auprès de Madrid. Depuis lors, les découvertes se

sont multipliées dans la même localité .iT^coi/yJ^ï^^içi^^ ^

A la réunion de Lisbonne du Congrès liïfSîïaUon&r ^"^t^i d*anthropplogie et d*archéologie préhistoriques^ 1880, M. Delgado a montré un très bel instrument chelléen trouvé dans la grotte de Furninha, à Péniche, 60 kilomètres au nord de Lisbonne/^ ^StT, M*X,

Des instruments chelléens ont aussi été signalés sur cinq points, fort différents, de TAfrique :

Par M. Bleicher, dans 14jgrotte|d'Oussidao;. à i% kilomètres au nord de Tlemcen, province d'Orafa. Ils sontyf^yA^ »* en grès fin et surtout en icalcaire siliceux jurassique du\^ ^ pays. Les grottes sont creusées dans le terrain ({Uài^j^^cf^y^

naire ; 'M^é^^^tsa.^^ ^^'^-^^t^tô:^^^/ ^<Z^ '•' ^ '[

Par M. L. Rabourdin, qui, au prmi!emps de ^880, a //•"' recueilli plusieurs instruments chelléens parfaitement caractérisés, au-delà du grand désert de Sahara, dans le pays des Touharegs. Ils sont en roches locales, quartzite , et pierre noire.^H^"'''^' ./-^-'jTt./LV'. «V /:'■ f'/^^Jt^, i /v. f^/'-y^^

Au cap de Bonne-Espérance, on a trouvé un ou deux!-'^;^»A-''- instruments en quartzite de forme chelléenne, mais on ne '^^ •" ^* connaît pas les circonstances exactes de cette découvertç^^^^^' ' '

Enfin, à l'Exposition des sciences anthropplogiques de^J";' *- Paris, en 1878, M. Henri Haynes a produit plusieurs 'j . ■ , . ^ instruments chelléens provenant, les uns des environs du | \^ Caire, Basse -Egypte , faits avec des cailloux roulés de . '.

silex ; les autres des environs de Louqsor, Haute-Egypte, en silex des assises nummuli tiques de la localité. Déjà en 1874 M. John Lubbock avait signalé' des coups-de-poing chelléens en silex de Louqsor et d'Abydos.

§ 16. Asie.— A la session de Paris du Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques, en 1877, M. de Yogué a montré un instrument chelléen en

silex, recueilli par M. Moretain, en Palestine. Depuis, les

récoltes se sont multipliées. Et ce qu'il y a de curieux, c'est que ces découvertes appelées à renverser la cosmogonie et la chronologie biblique ont été faites presque exclusivement par des abbés : Tabbé Moretain, à Beit-Sahour, près Bethléem ; l'abbé Bourgeois, au Puits-de-Salomon, à Tyr ; ïabhé Richard, entre le mont Thabor et le lac de Tibériade. Tous les instruments cités sont en silex.

Des instruments analogues en silex ou en quartz ont été trouvés à Abu-Shahrein, dans la Babylonie méridionale, et se voient au British Muséum.

Enfin dans l'Inde les instruments chelléens en quartzite sont fréquents. Ils ont été découverts par M. R. Bruce Foote. On en a recueilli abondamment près de Madras et dans le Godaveri. Quelques-uns ont été trouvés dans le sud- est du Bengale, dans différents endroits des provinces centrales et dans l'Assam. Ce qui est fort intéressant^ c'est que ces instruments ont été recueillis bien en place et prouvent évidemment que ce type, en Asie comme en Europe, appartient vraiment aux temps quaternaires. Dans la province de Madras, il se trouve dans une argile ferrugineuse rouge, plus ou moins sablonneuse, associée à des couches de gravier. Cette formation, évidemment quaternaire, ne renferme aucun débris marin et domine la mer de 91 à 92 mètres. Dans les alluvions anciennes de Narbada, *ces instruments sont associés à une faune bien différente de celle qui vit actuellement dans l'Inde et contenant des espèces éteintes.

§ 17. Amériqae. — Les coups-de-poing chelléens se retrouvent dans l'Amérique du Nord. Et là leur gisement les date tout aussi bien qu'en France, qu'en Angleterre, qu'en Italie et en Espagne, que dans l'Inde. 11 y a déjà quelques années M. Gapellini a rapporté de Burhngton, sur le Mississipi^ un instrument en silex blanchâtre, de forme chelléenne.

Les dixième et onzième rapports annuels des adminis» Irateurs du Peabody Muséum de Cambridge, près Boston, pour 4877 et 1878, contiennent deux notes de M. Charles C. Abbott sur des instruments chelléens découverts dans les alluvions glaciaires de la vallée de la Delav^are, près Trenton (New-Jersey), par le 76* degré de longitude ouest, tout au plus à une centaine de mètres au-dessus de la mer. Ces instruments, comme ceux de Tlnde, ont tout à fait les formes de ceux d'Europe. Les uns sont taillés de toute part, les autres ont conservé à la base un talon naturel.

Déjà en 1873 M. Joseph Leidy avait décrit et figuré de ces instruments en silex, jaspe et quartzite, trouvés comme les précédents entre le 40^ et le Ât^^ degré de latitude nord; mais par le i 1 0® de longitude ouest, c'est-à-dire environ à 4000 kilomètres de distance des précédents. Ils se rencontrent à 2000 mètres d'altitude dans le bassin du Bridger, vers l'angle sud-ouest du Wyoming.

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