LE TRÉSOR DE VIENNE
Je visitai aussi le trésor qui se compose de la collection d'objets d'art du moyen âge la plus précieuse que je connaisse, soit au point de vue artistique, soit au point <ie vue historique. L'œil est ébloui de tant de richesses : plus de trente vitrines, en forme d'armoires, sont remplies de coupes et de vases en cristal de roche, en topaze fumé, en lapis-lazuli ; de plats, de reliquaires, de châsses en or ciselé et émaillé, décorées de pierres et de perles fines; de chefs-d'œuvre d'orfèvrerie, dont plusieurs sont signés de Benvenuto Cellini; de bijoux d'une valeur inestimable. Une vitrine spéciale renferme les joyaux et reliques du Saint-Empire, autrefois à Aix-la-Chapelle et à Nuremberg, la couronne, le sceptre, le globe, l'épée de Charlemagne et son magnifique manteau de couronnement î
Vienne était notre dernière étape avant Pesth. Une demi-journée suffît pour faire le trajet par le chemin de fer. La route, d'abord assez monotone, s'anime aux approches de la vieille ville de Presbourg, que traverse le Danube, et qui se développe sur les derniers contreforts des Garpathes, dominée par les ruines de 'son château royal.
A partir de Presbourg, le chemin de fer s'éloignant du Danube, s'engage dans une contrée fertile et bien cultivée, mais à peine accidentée. Près de Parkany, qui communique à Gran par un pont de bateaux, la voie se rapproche du fleuve, puis le longe de fort près. Le paysage devient charmant; d'un côté, s'élèvent de hautes collines verdoyantes, couvertes de vignes ; de l'autre, on aperçoit, à chaque instant, à travers les grands arbres qui bordent ses rives, le Danube sillonné de radeaux, de barques et de bateaux à vapeur. A Kezsi, le chemin de fer s'éloigne un peu du fleuve, et bientôt on arrive à Pesth.
byGoogk
Centenaire du palatin de Hongrie. — Exposition préhistorique. — Séance d'inauguration du Congrès. — Discours du président Rœmer. — Trace» les plus anciennes laissées par l'homme en Autriche. — Obsidienne d» Hongrie. — Trépanation à l'époque de la pierre polie. — Age du cuivre, âge du bronze. — Observations de MM. Chantre, Evans, Gaxalis d» Fondouce. — Origine des Tziganes.
Nous étions au samedi 2 septembre ; la séance d'ouverture du Congrès avait lieu le lundi 4. La journée du dimanche devait être bien remplie. Dans la matinée, on célébrait à Pesth une cérémonie tout à fait en dehors de nos travaux, mais qui n'en offrait pas moins, pour nods autres étrangers, un grand intérêt. Il s'agissait de fêter le centenaire de Son Altesse Impériale, le feu palatin de Hongrie, père de l'archiduc actuel. La ville de Pesth avait invité les membres du Congrès, et nous avions une place réservée dans le cortège.
La foule, accourue dès le matin de tous les points de la ville, était immense. Dans les rues que devait suivre le cortège, de longues banderoles et de riches tapis pavoisaient toutes les maisons ; les fenêtres, surtout aux approches de la place Saint-Joseph, sur laquelle s'élevait la statue de l'archiduc, étaient garnies de dames en toilette et jetant des fleurs ; mais ce qui, dans cette fête, avait pour nous un caractère vraiment original, c'était
byGoogk