DONNÉES GÉOLOGIQUES
Du moment où l’homme fossile est reconnu, il nous faut étudier la géologie pour savoir jusqu’à quelle époque il remonte.
La croûte terrestre est formée d’une succession de couches terreuses et rocheuses que l’on a souvent et avec raison comparées aux feuillets d’un livre. Les érosions et dénudations des rivières et de la mer nous permettent de constater facilement, à ciel ouvert, 1 existence de ces couches. C’est ainsi qu’à Saint-Germain même, entre le musée de nos antiquités nationales, où j’écris ces lignes, et le lit de la Seine, existe une haute berge, résultat de l’érosion des eaux, qui montre la succession des couches sur une épaisseur de 40 à 45 mètres.
Les sondages artésiens, qui non-seulement ont atteint, dans Paris, 548 mètres à Grenelle et 586 à Passy, mais encore 644 mètres à Neusalzwerk, en Wcstphalie, et 730 mètres à Mondorff, dans le Luxembourg, et surtout les puits des mines qui descendent jusqu’à 1 200 mètres à Kutemberg, en Bohême, et même combinés avec des forages à 1 271 mètres à Speremberg (Prusse), nous per-
mettent de pousser nos observations beaucoup plus loin. Pourtant, ce serait bien peu de chose encore, comparativement à 1 épaisseur de la croûte terrestre, si nous n’avions l’immense ressource des soulèvements.
Les couches terrestres sont composées de limons plus ou moins calcaires, plus ou moins argileux et de sables; ce sont donc des dépôts produits par l’eau. Les cailloux roulés qu’on y trouve parfois, et surtout les débris d’animaux marins ou d’eau douce qu’on y rencontre fréquemment viennent confirmer ce mode de formation. Elles ont donc dû se déposer d’une manière sensiblement horizontale. Pourtant ces couches ont été souvent pliées, soulevées, plus ou moins redressées, ce qui permet de constater leurs superpositions respectives et de les étudier sur des épaisseurs fort considérables, atteignant jusqu’à plusieurs milliers de mètres. C’est ainsi qu’on est arrivé à connaître du haut en has toutes les couches qui forment la croûte terrestre.
Ces couches renferment des débris végétaux et animaux, ce sont les fossiles. En étudiant avec soin ces fossiles on parvient à reconstituer la flore, ou ensemble des végétaux, et la faune, c est-à-dfre l’ensemble des animaux, de chaque couche. On a reconnu que ces flores et ces faunes varient très sensiblement d’une couche à l’autre, et arrivent à différer complètement'- truand ces couches sont assez distantes les unes des autres. Ces différences ont permis de classer d’une manière régulière et certaine les diverses couches ou plutôt les divers groupes de couches. On a donné a ces groupes le nom de terrains.
Nous *n avons pas à entrer dans l’examen détaillé des classifications géologiques. Il nous suffira de savoir qu’on a divisé d une manière générale ces terrains, suivant leur ordre d apparition, en primaires, secondaires, tertiaires et quaternaires. Les terrains primaires sont composés des
groupes de couches les plus inférieurs, les plus anciens, par conséquent, les premiers formés. Les terrains quaternaires, par contre, contiennent les couches et les dépôts les plus récents, ceux qui ont immédiatement précédé les dépôts actuels. Les terrains secondaires et tertiaires sont intermédiaires.
Les divers terrains sont caractérisés par le développement progressif et le renouvellement des flores et des faunes. On voit successivement les genres et les espèces apparaître, se multiplier, décroître et disparaître. Dans leur ensemble flores et faunes sont d’abord composées des plantes et des animaux les plus simples et les plus différents de ceux qui vivent actuellement. Ces types primaires et secondaires font place ensuite à des types plus voisins des nôtres.
Les terrains tertiaires se distinguent justement par le grand développement des formes supérieures, plantes phanérogames pour les végétaux et mammifères pour les animaux. Dans les deux séries, les genres et les espèces se rapprochent progressivement des genres et espèces qui vivent de nos jours.
Dans les terrains quaternaires, qui forment la transition entre les temps géologiques et les temps actuels, il y a mélange d’espèces éteintes et d’espèces vivantes. Même les espèces encore existantes prédominent, mais elles sont fréquemment distribuées tout différemment que de nos jours. C’est ainsi que nous voyons, à l’époque quaternaire, vivre dans nos régions le renne et des mousses du Groenland.
Les terrains tertiaires ont tout d’abord été divisés, d’après leur ordre de superposition, en inférieurs, moyens et supérieurs. Charles Lyell a traduit en grec ces noms, appelant éocènes les terrains tertiaires inférieurs, miocènes les moyens, et pliocènes, les supérieurs. On a
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