EXPOSÉ DE LA QUESTION
Les conditions de ki vie pendant la période tertiaire étaient tellement analogues à celles de nos jours que, de l’avis de tous les paléontologues, l’homme aurait parfaitement pu exister et se développer. C’est ce qui faisait dire à Falconcr qu’en poursuivant ses recherches de fossiles miocènes dans l’Inde, il exhumait tant d’animaux organisés pour vivre dans un milieu semblable au nôtre, il rencontrait tant de formes se rapportant aux formes actuelles,
HOMME TERTIAIRE
qu’à chaque coup de pioche il pensait voir apparaître un débris humain ou un objet fabriqué par l'homme. Aussi nombre de paléontologues et de paléoethnologues se sont-ils mis à rechercher l’homme tertiaire.
Le premier entré dans cette voie est le savant bibliothécaire du muséum de Paris, M. J. Desnoyers. Le 8 juin 1803, il crut pouvoir signaler à l’Académie des sciences des traces humaines dans les carrières de sables et de graviers de Saint-Prest, près de Chartres (Eure-et-Loir). Tant d’audace d’un homme de tant de savoir, généralement si réservé, fut trouvée excessive ; lui-même en a été effrayé plus tard. Pourtant les sables et graviers de Saint- Prest, bien que plus anciens que les alluvions des bassins de la Somme et de la Seine, ue datent pas de bien loin géologiquement parlant. Ils se rapportent au pliocène, partie supérieure du tertiaire.
C’est au Congrès d’archéologie et d’anthropologie préhistoriques, session de Paris, en 1867, que devait se poser largement la question de l’homme tertiaire. Deux géologues des plus distingués, tous les deux ecclésiastiques, M. Bourgeois et M. Delaunay, arrivèrent, le premier avec des silex brûlés et taillés provenant de la base du miocène ou tertiaire moyen de Thenay (Loir-et-Cher), étage aquitanien ; le second avec des os incisés des faluns de Pouancé (Maine-et-Loire), également miocènes, mais du maycncien, étage un peu moins ancien que le précédent. L’habile directeur du musée d’histoire naturelle de Gènes, M. Arthur Isscl, présenta aussi des ossements humains recueillis dans les marnes bleues de Savone (Ligurie), du tertiaire supérieur ou pliocène, étage astien. Enfin, M. William-P. Blakc, professeur de minéralogie et de géologie en Amérique, montra des instruments divers, en pierre, extraits, dit-il, du tertiaire supérieur de Californie.
Quelle est la valeur de ces diverses communications et de plusieurs autres qui se sont produites, soit avant, soit surtout après le congrès? C’est ce que nous allons examiner en les passant successivement toutes en revue, groupées par séries.