‹ Le premier cardinal canadien [microforme]Chapitre 1 sur 75 · À NOS LECTEURS · texte numérisé non relu

À NOS LECTEURS

Un prélat distingué, Mgr Conroy, avait été témoin de la translation des restes de Mgr de Laval, à la chapelle du Sémivaire de Québec. Touché de la pompe et de l'éclat de cette cérémonie, il disait dans un document devenu public : «Qui aurait pu ne pas se sentir impressionné par l’importante majesté de la cérémonie sacrée dans l'enceinte de votre vénérable basilique? Qui aurait pu contempler sans émotion le religieux spectacle qui se déroulait dans vos rues, spectacle dont la grandeur eût été digne d’un Montmorency, aux jours où un Montmorency allait de pair avec les rois? Qui aurait pu voir d'un œilindifférentles flots pressés de ces milliers de personnes, suivant d'église en église, de monastère en monastère, les restes du grand évêque, qui, dans son amour doué de prescience, avait, il y a deux siècles, pour leur avantage et celui de

Mais j'avoue que ce qui remuait le plus les profondeurs mêmes de mon âme, c'était la pensée que j'étais là en présence de tout un peuple chrétien, honorant les cendres du père de sa patrie ! Je sentais mon cœur tout entier battre à l'unisson avec ce grand cœur de la race canadienne que j'ai appris à tant aimer ! »

Ce spectacle qui remplissait l'âme du Délégué Apostoligue d’une émotion si puissante, nous l'avons vu se renouveler à n0$ fêtes cardinalices. Là encore tout un peuple chrétien s’est levé pour témoigner sa reconnaissance au Souverain Pontife Léon XIIE, son respect et son admiration pour le premier des siens élevé à la dignité de Prince de l'Eglise, son légitime orgueil, en se voyant admis, par cet honneur, au rang des grandes nations de l’Europe.

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