‹ Le premier cardinal canadien [microforme]Chapitre 15 sur 75 · PASCAL POIRIER · texte numérisé non relu

PASCAL POIRIER

Cette manière de voir et d'agir de nos hommes politiques de toutes les nuances et de toutes les nationalités ne doit pas surprendre. Elle n’est pas d'aujourd'hui. Qu'il nous suffise de rappeler les grandes manifestations en faveur du pouvoir temporel des Papes, celle plus récente contre la spoliation des biens de la Propagande, et surtout celte adhésion générale de tous nes hommes publics catholiques —Ministres fédéraux et locaux, Juges, Magistrats, Sénateurs, Députés, hommes de profession—à l’encyclique Immortale Dei de Sa Sainteté Léon XII sur la constitution chrétienne des États. Nous ne croyons pas aller contre le but de cette relation des fêtes cardinalices, en reproduisant ici le magnifique bref par lequel Sa Sainteté a manifesté sa satisfaction d'un acte probablement unique dans les états catholiques du monde entier.

Brer DE SA SAINTETÉ LÉON XIII EN RÉPONSE A L'ADRESSE DES CITOYENS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC, A L'OCCASION DE L'ENCYCLIQUE & IMMORTALE Di ».

Traduction.

À Notre cher fils Hector Langevin Commandeur de Saint- Grégoire-le-Grand, à Québec, LÉON XII, PAPE Cher fils, Salut et Bénédiction Apostolique.

C’est avec joie et reconnaissance que Nous avons reçu l'Adresse que vous Nous avez envoyée, vous et un très grand

nombre de catholiques du Canada. Elle est en effet remplie des plus beaux sentiments d'affection et de respect, et, à raison même de la distance qui nous sépare, elle Nous cause, en quelque façon, un surcroît de plaisir. Nous connaissions déjà votre attachement et votre fidélité au Siège de Pierre ; mais Nous éprouvons une grande joie de l'empressement vraiment remarquable avec lequel vous recevez et acceptez les enseignements du Siège Apostolique, comme votre Adresse Nous le prouve. Dans les conjonctures présentes, où tout est incerlain, c’est, sans aucun doute, une chose excellente en soi el salutaire pour le bonheur des individus comme des États, que d’adhérer fermement aux enseignements de l’Église, et de ue point chercher le secret de bien gouverner ailleurs que daus les conseils et les règles qu’elle ne cesse de donner pour le salut et la prospérité des nations. A vous donc, Nos Très Chers Fils, Nous offrons Nos sincères félicitations, non seulement parce que vous avez accueilli avec une grande obéissance et un grand zèle les principes que, l’année dernière, Nous avons publiés sur la Constitution Chrétienne des États, mais encore parce que vous attachez à ces enseignements autant d'importance que leur en doivent reconnaître tous les chrétiens qui regardent toujours l’Église comme leur Mère et lui obéissent avec une piété filiale.

Nous souhaitois, et Nous avons la confiance que ce souhait sera exaucé, que ces préceptes non seulement vous soient utiles pour vous-mêmes, mais aussi vous aident à travailler de concert au bien commun de votre patrie. Dans cet espoir Nous prions Dieu d'accroître de plus en plus l’ardeur de votre dévouement et de votre respect pour l'Église, et Nous Lui demandons aussi de transformer en gage de ses célestes faveurs la Bénédiction Apostolique que Nous accordons de tout cœur à tous et à chacun de vous dans le Seigneur.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 31 octobre 1886, en la neuvième année de Notre Pontificat.

: LÉON XIH, PAPE.

Page 1