LES PREMIERS HABITANTS DU SOL
qui, le 17 juin, étaient admis en audience solennelle par Son Éminence le Cardinal Taschereau.
La dépuiation se composait des personnes suivantes :
Philippe Vincent (1) Téon8athasta (il est debout).
François Gros-Louis Sassennio (l'homme droit).
Antoine Picard Tio8enk (il défend).
Antoine-0, Bastien 8aSendarolen (agent).
Paul Picard T8a8enhohi (querrier).
John-W. Magrath Ota8idet (la loutre).
L'abbé Prosper Vincent Sa8atanen (prêtre).
A.-N. Monipetit Ahatoistarie (l'homme qui n'a pas peur), canadien-français chef honoraire.
M. l'abbé Vincent adressa d’abord des paroles touchantes de reconnaissance et d’exquise sensibilité à Son Éminence, qui ne put se défendre de manifester son émotion, au souvenir éloquemment et pieusement évoqué des missionnaires et des martyrs qui se sont dévoués pour gagner les tribus sauvages à la foi chrétienne. Le jeune prêtre huron sut rappeler avec beaucoup d'à-propos la mémoire des évêques et archevèques, prédécesseurs de Son Éminence, et dont les portraits ornent si glorieusement la salle du Trône, seul salon vraiment national du pays.
Après l’allocution de l’abbé Vincent, Paul Picard, fils du Grand Chef Taouranché, mort il y a deux ans, lut l'adresse suivante, rédigée dans le style 1n08e des anciens discours officiels d’autrelois :
ADRESSE DES Cuers HURONS.
Grand Prince,
Dans les temps anciens, lorsque les Hurons, mes ancêtres, hommes farouches mais sensibles, furent terrassés, au milieu
(1) Le 8, dans l’orthographe adoptée par les missionnaires français, était l'équivalent du ou grec ; c’était une espèce de consonne, formant diph‘ongue avec la “yelle qui suit, et produisant le même effet que ou dans l'affirmation française ou, Les Anglais l’ont remplacé équivalemment par la lettre w.