‹ Le premier cardinal canadien [microforme]Chapitre 33 sur 75 · VINCENT, PATRIARCHE D'ANTIOCHE · texte numérisé non relu

VINCENT, PATRIARCHE D'ANTIOCHE

Son Excellence le Comte Gazzoli n'avait pas besoin de celle lettre d'introduction pour être bien reçu. Son titre d’envoyé du Saint-Père suffisait amplement, comme il a pu s’en convaincre pendant son séjour à Québec. Mais cette lettre est intéressante par les détails personnels qu’elle donne, les seuls que nous ayons sur Son Excellence.

M. le Comte Gazzoli est un homme d'environ trente-sept ansetil a un extérieur des plus distingués. A son arrivée à Québec, il alla prendre ses logements à l'Hôtel Saint-Louis. C'est là que M. le Grand Vivaire Legaré alla lui souhaiter la bier venue le matin même de son arrivée, par suite d’un malentendu qui n’avait pas permis de le rencontrer au débarcadère. Les détails de la cérémonie, qui devait avoir lieu le jour mème, furent immédiatement arrêtés, et la cérémonie elle-même fixée à 1 heure précise de l'après-midi.

Comme Son Excellence ne voulait pas se montrer officiellement avant le temps de l'accomplissement de sa mission, elle assista à une messe basse qui fut dite spécialement pour elle aux Ursulines. (Il ne faut pas oublier que c'était le jour de la fête de saint Pierre.)

A une heure de l'après-midi, le 29 juin, une foule consilérable s'était échelonnée tout le long du parcours depuis l'hôtel Saint-Louis jusqu’à l'archevèché, afin de voir, sur son passage, le Comte Gazzoli, chargé de présenter à Son Éminence la calotte rouge, qui est le premier insigne du Cardinalat. Quelques minutes auparavant, M. le Grand Vicaire Legaré et M, le secrétaire Marois s'étaient rendus en voiture à l'hôtel Saint- Louis, d’où ils devaient ramener Son Excellence.

La salle du Trône du palais du Cardinal présentait un coup d'œil imposant. Sur l'invitation de M. le Grand Vicaire Legaré, un nombreux clergé et les notabilités laïques y élaient rendus. Tous les journaux de la ville, protestants et catholiques, y étaient représentés, ainsi qu'un journal de Montréal. Enfin un détachement de zouaves pontificaux faisait garde d'honneur. Toute l'assistance élait rangée de chaque côté du trône, laissant seulement le centre vacant.

À une heure précise, Son Éminence entra dans la salle et alla prendre place sur son trône. Quelques instants après, M. le secrétaire Marois vint annoncer : Son Excellence M, le Comte Gazzoli, Garde-Noble de Sa Sainteté.

En ce moment, l'envoyé du Souverain Pontife fit son entrée solennelle dans la salle, au milieu d’un profond silence. 1 élait revêtu du magnifique costume (de première classe, en raison de la fête de saint Pierre) des Gardes-Nobles du Pape : {unique rouge, chamarrée de brandebourgs d’or, culotte blanche et bottes à l’écuyère vernies, casque à cimier d'argent avec panache noir, et l'épée au côté. IL portait à la main l'écrin qui ren’ rmait la calotte rouge et le déposa sur une petite table.

Il salua ensuite Son Éminence et, sans rien dire, lui présenta le pli cacheté et scellé qui contenait la notification officielle envoyée par la Secrétairerie d’État.

Son Éminence ayant rompu les cachets, fit porter le contenu à M. l'abbé Louis Pâquet, chargé d'en faire la lecture en italien ou en latin d'abord, puis d'en donner la traduction en français. Voici ces documents :

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