‹ Le premier pas de son altesse; vaudeville en un acte. Par MM. De Leuven et DeforgesChapitre 17 sur 26 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

PILBURY, LUCY; elle sort pendant que Pilbury fait le tour de la chambre pour s'a.ssurer qu'il est seul. Il ne voit pas Lucy. LUCY , l'apercevant.

Mon mari!., ah ! mon Dieu!., et le Prince qui n'est pas là!

(Elle baisse vivement son voile.) PILBURY , à part , voyant Lucy.

Nous sommes seuls... (L'examinant.) Elle est étrangère... ou bien, c'est peut-être un déguisement... (Ilsavance en cherchant à voir la figure de Lucy.) Madame, VOUS me trouverez sans doute bien indiscret... mais je n'ai pu résister au désir d'être le premier à vous présenter mes hommages.

LUCY, à parlet avec joie. ;*'?

Il ne roe reconnaît pas I /* 7

PILBURY, à part, cherchant à voir.

Diable de voile!., la tournure est distinguée... (Haut.) Oserai-je vous demander, madame, s'il y a long-temps que vous connaissez son altesse.

m MUSEE DRAMATIQUE

,1 I :, i i : I.IJCY, di^guisant sa voix.

Jo rai vu .lujourd'IiuÉ , pour la promfèrc fois.

PILBURV, h part.

Oh! comme c'est heureux! (ilaui.) C'est un charmant prince, un iien timide.

LUCY

Mais non... pas trop...

piLBiiRY, à part.

Il n'a pas été timide. (Haut.) Il vous a dit, sans doute , qu'il vous trouvait jolie?..

LUCY

Mais , oui.

PILBURY, à part.

Voyez-vous, le gaillard ! (Haut.) Il vous a dit qu'il vous protégerait ?

LUCY

Certainement.

PILBURY, à part.

C'est bien ça!.. (Haut.) Et peut-être a-t-il voulu prendre cette petite main?..

LUCY

Ahl mais, je l'ai retirée bien vite.

PILBURY, à part.

Aie! aie! c'est quelque petite bourgeoise! (Haut) Vous avez eu tort, mon enfant.

LUCY

Comment? il fallait...

PILBURY,

Mais, où est le mal? écoutez, je vais vous parler comme un ami, comme un père.

LUCY, à part.

Où veut-il en venir ?

Vous êtes ici sur un terrain bien glissant.

LUCY, regardant autour d'elle.

C'est vrai ; j'ai manqué de tomber en entrant. PILBURY, à part, riant.

Ahl ah! ah!.. Oh! qu'elle est naïve! j'en ferai tout ce que je voudrai... (Haut et d'un ton doctoral.) Voyez-vous, ma chère enfant, un prince, c'est un être à part, à qui l'on doit des égards, de l'obéissance; et puis, les positions ne sont pas toujours les mêmes... ce qui est blâmable dans certaine circonstance, devient méritoire dans telle autre... parce que, enfin , il arrive quelquefois que... alors... il est évident... vous me comprenez?

LUCY

Du tout.

PILBURY.

C'est égal... parlez-moi franchement... aimez- vous le prince?

LUCY

Mais, monsieur...

PILBURY.

Aimez-vous le prince ?

LUCY, à part.

Ah I mon Dieu! est-ce qu'il croirait? (Haut.) Non , monsieur, je ne l'aime pas.

PILBURY.

Vous n'aimez pas le prince... et c'est à moi que vous le dites... vous devez l'aimer, l'adorer, l'idolâtrer... il me semble qu'il en vaut bien la peine. (Très haut.) Un prince aussi aimable... aussi remaïquablç... un aussi bon prince! (A part.) S'il pouvait m'eutendre.

LUCY, à part , très étonnéo.

Ahl je n'en reviens pas.

l'ILHl'RV.

Voyez-vous, ma cIkmc enfant, il esl bien jeune, cet excellent prince... il a besoin d'indulKence... dencourageinenl... Ah I ça , j'espère qu'une fois au faîte des grandeurs où vous aile/ arriver, vous n'oublierez pas que vous avez en mol , un serviteur Hdèle et dévoué ; car j'ai bien des grâces h solliciter; d'abord , un poste plus brillant que celui que j'occupe ; ensuite, la rupture d'un mariage...

LUCV.

Comment , vous voulez rompre votre mariage?

PILBURY.

Oui , oui . oui... un mariage forcé... je vous conterai cela... ça vous fera frémir!

LrCY, à part.

Ah! mais, c'est un monstre que mon mari î 'i

PILBURV, à pari.

Je suis au mieux avec elle... (Haut.) A propos, j'oubliais... êtes-vous mariée?

LUCY, avec une colère concentrée.

Oui , monsieur. .

PILBURY, riant, à part.

Eh! eh! eh !.. c'est bien plus drôle ! Elle a un mari! en vérité, ces animaux-là sont faits pour être trompés!

LUCY, à part.

Ah ! sortons ! car je ne pourrais me contenir... (Elle rentre vivement à gaiichç,^

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