SCÈNE XYll
LA COMTESSE , puis LE PRINCE.
LA COMTESSE, seule.
Ce bon Pilbury, ii m'est bien attaché... je ferai quelque chose pour lui.
LE PRINCE, entrant.
Ah! milady, je vous cherchais... il faut que je cause avec vous... j'ai le plus grand besoin de vos conseils.
LA COMTESSE
Comme votre altesse parait agitée!
LE PRINCE
Oh! c'est que, depuis ce matin, j'ai fait une foule de réflexions, et je me trouve dans une position fort embarrassante... comme vous avez de l'expérience... car vous en avez, n'est-ce pas?., vous allez m'aidcr de vos avis.
LA COMTESSE
Parlez , monseigneur , parlez I
LE PRINCE
Ah! ca, VOUS ne vous fâcherez pas?
LA COMTESSE
Pouvez- VOUS le craindre?
LE PRINCE
C'est que c'est peut-être bien hardi, ce que je vaisvous demander... voici le fait... supposons un jeune homme de mon âge... qui se trouve dans un château, presque seul... avec une femme charmante , qui lui plait... oh! il en perd la tête !
LA COMTESSE
Je ne vois pas de mal à cela...
LE PRINCE
N'est-ce pas qu'il n'y a pas de mal à cela... ce pauvre jeune homme a reçu une brillante éducation... il sait le grec, le latin , les mathématiques... de*s choses superbes enfin... mais il ignore l'essentiel... il ne sait pas comment il faut s'y prendre pour dire à une femme... que... enfin... vous suivez, n'est-ce pas?
LA COMTESSE
Oui , monseigneur... avec beaucoup d'intérêt.
LE PRINCE
Alors, vous comprenez son embarras à ce pauvre garçon... Elle est si bien cette femme dont je veux vous parler... (ii regarde lâ porteà gauche.) LA COMTESSE , avec modestie.
Ah! monseigneur...
LE PRINCE , même jeu.
Elle a de si jolis yeux !
LA COMTESSE
Vous la flattez , monseigneur.
LE PRINCE
Je vous assure que non , comtesse... est-ce que je sais flatter?