‹ Le premier pas de son altesse; vaudeville en un acte. Par MM. De Leuven et DeforgesChapitre 9 sur 26 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LA COMTESSE, PILBURY.

LA COMTESSE

Ah î Pilbury... c'est vous... arrivez donc ! j'ai de bonnes nouvelles... mais bon Dieu! quelle pâleur!

Le Premier pas Uc Son Altesse 2

iQ MUSÉE DRAMATIQUE

PILIM RV.

Maudit régiment! maudit Ecossais!

LA COMTESSE

Que vous esl-il arrivé?

PILBIJRY.

Eh ! je viens de rencontrer un de mes beaux-frères... un frère de ma lemnie.

LA COMTESSE

Comment! vous êtes marié? je vous croyais garçon.

FILIJIIIV.

Ah! c'est vrai... vous ignorez mon mallieur, il faut (jue je vous conte ceia, c'est l'origine de ma haine pour les Ecossais... je vous en parlais ce matin. Figurez-vous qu'il y a deux mois, environ, j'étais allé faire un voyage d'agrément dans cette odieuse E<îosse , pour étudier la nature... j'aime beaucoup la nature , et c'est ce qui me porta malheur ; car un beau jour, je me vis traduit chez le schérill du canton , pour conversation criminelle, avec une jeune fermière que je rencontrais quelquefois, par hasard, dans la montagne ; jolie, par exemple ! des yeux bleus, longs comme ca; il n'y avait pas de preuves et je gagnai mon procès! c'est bien, c'est très bien! me voilà acquitté; mais la jeune fille avait des frères, elle en avait sept, les plus adroits chasseurs du pays, des gaillards, mettant une balle à trois cents pas dans un dollar ; ils tinrent conseil , et il fut décidé à l'unanimité, que, pour réparer l'atteinte portée à la réputataion de leur sœur, je l'épouserais, ou que ma tête deviendrait le point de mire de ces messieurs... il fallait opter; d'un côté ceci, (il fait le geste de mettre eu joue.) de l'autre, les grands yeux bleus, mon amour pour la belle nature... que vous dirais-je , comtesse?., j'épousai.

LA COMTESSE

Une fermière... ah !

PILBURY.

Je sais bien... c'est une mésalliance! une horrible mésalliance! et lorsque la réflexion nie revint , je frémis à 'l'idée de présenter ma petite montagnarde à la cour, où mon service me rappelait; enfin, un matin, pendant que mes sept beaux-frères étaient à la chasse...

Air : Yaud. de la Petite prade.

A mon réveil adroitement.

Je rassemblai tout mon bagage^ Puis, pour Londres, bien doucemeut.

Soudain, je me mis en voyage...

.rétais parti comme le vent, Tîl dans le trouble de mon ame.

Je m'aperçus, en arrivant.

Que j'avais oublié ma femme :

LA COMTESSE

Abandonner sa femme ! mais, c'est affreux !

PILBIRY.

A qui le dites-vous!., car enfin, je l'aime, cette pauvre petite femme, et souvent j'ai des remords... tenez, aujourd'hui surtout, je voiidrais ne l'avoir jamais quittée... tout à l'heure, quand le régiment de son altesse est entré dans la cour, j'ai parfaitement reconnu au premier rang , l'aUié de mes beaux-frères... le plus féroce! un vrai Rob-Roy !

LA COMTESSE

Eh bien? que pouvez-vous craindre ici ?

PILBURY.

Tout, comtesse, tout! s'il me rencontre, je suis un homme perdu! jugez donc... à trois cents pas... dans un dollar...

LA COMTESSE

.Te ne vois qu'un moyen de vous tirer d'embarras , mon pauvre sir John .

c'est de reprendre votre femme !

Vous croyez... mais je serai genlille. à la vérité, mais sans grâce, sans espi

PILBURY.

Vous croyez... mais je serai la risée de toute la cour, une paysanne nlille. à la vérité, mais sans grâce . sans esprit , sans manières... mau-

dit voyage î je vous demande un peu ce (lue j'allais faire ei» Kcosse. Le prince! gardez-moi. le secrel , comtesse.

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