SCÈNE XI
BAPTISTE , puis CI.AUDINKT.
(On entend du bruit et des éclats de rire.) CHOEUn en dehors.
Au : Bu*on«.
Chantons !
Et buvons !
Car la table.
Vin délectable.
L’amour, les ris, les jeux,
C’est le plaisir des dieux !
le marquis, en dehors. Le champagne au jardin!..
TOUS, traversant bruyamment le fond du théâtre. REPRISE DD CBOEDR.
Chantons ! etc.
RAPTISTE, le, regardant passer. Tiens! il parait qu’on a diné... Eb bien ! et moi?.. Bah! est-ce qu’on a faim quand on a des passions?., et j’en ai une quantité! là et là... le cœur et la tête, tout est en jeu. (Apercevant Claudine! qui suit les autres.) Ciel! que vois-je?., mon père! (Courant i lui, et l’arrêtant au moment où il allait sortir.) Mon père ! vous, ici?..
CLADDINET, gris, cherchant a s'échapper. Il a sa serviette a sa boutonnière et un verre a la main. Ale! ale!., le garçon. Je suis pincé!..
Baptiste, étonné. Arrêtez, mon père...
CLADDINET, embarrassé. Tiens !.. c’est toi!.. Bonjour, garçon... Ça va bien, garçon? (a part.) Et le champagne ? Je sois sûr qu’ils vont tout boire.
Baptiste. Mais comment se fait-il?
claddinet. Vois-tu , je te vas dire... le marquis m’a invité.
Baptiste. Invité?..
claddinkt. Un peu, qu’il m’a invité!.. Nous sommes très bien le marquis et moi , nous nous appelons mon cher ami.
Baptiste. Et vous avez dîné ici... avec eux?
claddinkt. Si j'ai dioé?.. Je fe demande un pen si ça se demande... Mais regarde-moi donc, Oui, oui... c'était bien, c'était cossu... il ne manquait qu'une chose... un gigot à l’ail, parce que, vois-tu, un dtner sans gigot... c’est unebelle femme sans œil... avec une salade.
Baptiste, à lui- même. Encore une mystification !.. Oh! Messieurs, vous me le paierez.
claddi.net. Eh bien! est-ce que tu vas te fâcher... mais tu n'as plus à rougir aujourd’hui : je me suis un peu bien nippé pour te faire honneur, negarde-uioi ton père... quel genre il vous a, et puis c'est plus un cordonnier... c’est un baron, ils m’ont nommé baron, en trinquant... Le marquis m'a donné un grand coup de fourchette sur l’épaule, c’est comme ça que ça se fait., un grand coup de fourchette... crac! v'Ià un homme baron.
Baptiste, tout-â-coup. Ils se sont moqoésde vous, mon père !
claddiset. Non, non , non... ils ne sc sont pas moqués de mol; je suis baron pour de vrai, et je vas boire du champagne. Viens-tu avec ntoi?
Baptiste, vivement. Vous n’irez pas, mon père !
claddinkt. Je n’irai pas hoire du champagne!.. que c’est mon rêve depuis trente-cinq ans? Mais songe donc qu'on n'en vend pas au demi-setier de celui-là , c’est du chenu.
BAPTISTE, cherchant â l'emmener. Allons! partons, je vous en prie.
CLADDINET, se rebiffant. Ah ça! voyons, à la lin de ça, y a un père et un fils ici... Suis-je père ou non?.. Si je suis père... c’est à moi de commander... et je me commande le champagne.
Va boire du champagne . Claudine! , va . mon garçon ! El je m’obéis... Je suis sûr qu’il n’en restera plus.
Baptiste, essayant a le retenir. Mais songez donc...
CLADDINET. Bien , rien. Ventre qui a soif n'a pas d’oreilles... A revoir, garçon... (Criant.) Ohé! les autres! gardez-m’en un peu...
(Il sort en chantant :)
Chantons Et buvons! etr.
SCEN XII. , Baptiste. Tandis que toi...
BAPTISTE, seul. i • CL4IRVU - • 4 ê art - 11 va lui faire une déciara-
Mon père!.. Pas moyen de le retenir!.. Eh bien ! tant mieux !.. Puisque la mystification est complète , il faut que la vengeance le soit de même... Et le marquis aussi... il s’en mêle !.. Il aura sa part... (Prenant ses tablettes.) Éciivons... (Après un Instant.) Voilà!., (a un valet qui passe.) Holà!.. (Lui remettant les papiers.) Ces billets à leur adresse... Partez !.. (Le valet sort La nuit commence à venir.) Voilà ma vengeance en route!.. Oh ! je suis monté... gare à vous!.. Je ne me reconnais plus... je me sens de l’aplomb. Ah ! messieurs les seigneurs, il vous faut un ouvrier pour vous Servir de bouffon!.. Halte là, s’il vous plaît., c’est du luxe!.. Vous me faites cruellcmeut sentir ma faute d’hier... mais je la réparerai... Cependant n’oublions pas que j’ai été joué... et tâchons d’avoir mon tour... On vient!.. Allons, Baptiste... c’est le moment de montrer de la tête...