‹ Le premier succes de JeanBaptiste comedievaudeville en deux actesChapitre 3 sur 32 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE VICOMTE, puis COIINESAC et LE MAR- QUIS, Comédiens et Comédiennes, en costume.

(Le foyer s'anime ; des comédiens passent au fond en costumes de la Comédie-Uallenne.)

le vicomte, entrant. Pas de place! la salle est comble... (Le réglsscurlraversel. foyer en sonnant. ) Ah! mon cher régisseur , dix louis d’une place à l’orchestre, parmi les musiciens!..

le régisseur, passant vivement. Impossible, M. le Vicomte, l'orchestre est plein.

le VICOMTE, apercevant le chevalier. Eh! c’est ce cher Corncsac!.. Bonjour, chevalier... Es-tu placé ?

cornesac, gasennnant. Eh ! oui.sandist.. dans la loge d'uné petite comtesse qui mé veut beaucoup dé bien...

le vicomte, riant. Ab ! Chevalier, tu deviens fat...

conNESAC. Dame! qué veux-tu, mon bon, jé te vois si souvent... jé prends tics leçons...

le vicomte, riant. A propos... as-tu vu le Marquis?

cornesac. Si je l’ai vu?.. bon Dieu!., jen'cn sais rien... mais j’ai vu passer quelque chose qui lui ressemblait fort... Il courait...

le vicomte, vivement. Après Clairval?..

cornesac. El d’un train!., comme moi quand jé voie au combat... lorsque jé fais la guerre... le vicomte. Etlafais-tusouvent, Chevalier?..

cornesac. Jamais!., mais cela peut venir...

Quant au Marquis...

Ai* du Pirniw dr» dame*.

Il court , Il tourne, se démène ,

V« . vient et nes’arréte p»s ;

Errant ainsi qu'une Ame en peine,

Sans être pourtant Jamais las.

On le volt qui passe et repasse.

Cherchant de la scène au foyer....

le vicomte , riant Mais on dirait un chien de chasse Qui perd la trace du gibier.

Ah! ah! ah!..

le marquis, accourant. Palsambleu! oùestdonc

Clairval? je la croyais ici Quand je vais d'un

côté, on me dit : « Elle était là il n'y a qu’un instant...» Je la demande ailleurs... on me répond:

« Elle vous cherche...» Et elle me cherche si bien que je ne peux pas la trouver... C’est piquant !

le vicomte, gaiment. Pauvre Marquis... Tu cours après une chimère.

le marquis. Du tout !.. c’est après Clairval... cornesac. Et il a raison, sandis! cé n’est qu’en courant après les femmes qué l’on peut les attraper...

le vicomte , très fat. Chacun sa méthode, mes très cbers... Moi , je les attends... et elles viennent...

le marquis, qui n’a pas écouté. Foi de gentilhomme ! si je n’étais pas sùr de son amour, je

pourrais croire qu'elle me fuit Allons donc !

ce n'est pas quanti on s'appelle Onésyme-Symphorien , marquis de Roissy... qu'on est noble à trente-trois quartiers et demi... et qu’on sollicite à la cour la création en sa faveur d’une charge de porte-mouchettes... qu’on peut faire fuir les femmes... Allons donc! allons donc!..

cornesac. Porte-mouchettes... Ah! ah! lu vas donc enfin briller à la cour!.,

le vicomte, moqueur. Prends garde. Marquis, il ne fautqu'uue maladresse pour te rejeter daus l’obscurité...

le marquis. C’est bon! c’est bon! (a lui-méme.

Cluirval me fuir... Allons donc! d’ailleurs, qui pourrait Die la disputer ? serait-ce ce petit mutuel d'auteur dont on Joue la pièce ce soir..,.. Pouah! ce serait piquant... Il est vrai qu’il est toujours auurès d'elle... Ces auteurs se croient tout permis... C’est le fils de quelque gros bourgeois sans doute, et ça fraie avec des marquis et des comédiennes comme un homme qui serait né... C’est bizarre comme au théâtre on oublie les distances!.. (Tout-à-coup.) Ahlàproposd’ou- Idi, et Clairval?..

(11 remonte la scène avec le vicomte et Cornesae.)

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