BAPTISTE, AUGUSTINE
1APTISTF,, triomphalement, sans voir Augustine. J'ai osé!., j'ai osé!.. Il me semble que je suis grandi d'un pied!., t h! les actrires!.. les actrices! femmes séduisantes!.. Et penser que j'approche d’elles sans qu’on me repousse...
que j'ai baisé la main de Clairval... et qu'elle ne s’est pas fâchée !.. Ma pièce , ce baiser... tout cela m’oppresse... m'enivre... la tête me tourne..,
Augustine. Baptiste!
Baptiste. Hein?.. Qui m’a appelé?.. (Apercevant Augustine.) Augustine!., ici?.. (A luimême.) Aie!., ale!., qu'est-ce que je vas lui dre?..
Augustine, froidement. Vous ne m'attendiez pas... M. Baptiste?..
Baptiste. Parbleu!., sans doute... Que venez-vous faire ici?..
augustine, d’un ton piqué. Vous déranger... je le sais bien... Vous étiez si occupé tout à rheure... auprès de M"* Clairval.
Baptiste, à lui-même. Ah ! diable... elle m'a vu!.. (Haut, a»ec fatuité.) Certainement, ma chère... certainement... Clairval a pour moi des bontés...
augustine, même jeu. Dont vous êtes bien fier... sans doute?,.
BAPTISTE, de même. Mais... entre nous... il y a de quoi... elle est charmante... et..
augustine. Oh ! taisez-vous... Il ne vous manquerait plus que d'élre fat..
Baptiste. Pourquoi donc pas?.. On a des bonnes fortunes ou on n’en a pas... Que veuxtu, ma chère?., nous autres auteurs... nous sommes tous comme cela... (A part.) On (lit
' qu’on se fait aimer des femmes en les rendant jalouses... Je veux me faire adorer...
augustine. Assez! Baptiste... assez!.. Tiens... lais-loi... car tu me fais pitié... Il parait que tes honneurs... que ta gloire... te font tout oui biier... Tu ne te rappelles plus maintenant ccox qu’il y a un mois tu aimais ou que tu disais aimer... Ton père... ton pauvre père... qui a tant fait de sacrifices pour loi... tu le négliges...
Baptiste, vivement. Oh! je l’aime toujours!
I augustine. Tu serais un ingrat... s’il en était autrement... Tu l’es déjà bien assez... car il y avait une autre personne qui croyait à ton amour...
Baptiste , d’un ton léger. Ma chère amie...
est-ce que tu ne pourrais pas remettre ça à un autre moment?.. Je suis pressé... le rideau va lever...
augustine. Oit! oui... je te comprends...
Si c'était mamzellc Clairval... tu l'écuulerais...
Baptiste , voulant sortir. Adieu !.. adieu ! ma chère...
augustine, le retenant. Oh! Baptiste... c e que tu fais là est bien mal ! Pourquoi le pauvre père Clandinet s'est-il imposé tant de privations pour te faire savant ?.. Sans cela . tu m’aimerais encore... sans cela, tu ne te moquerais pas de la pauvre fille avec laquelle tu as été élevé... et que tu devais épouser...
(Elle pleure.)
Baptiste, à lui-même. Eh bien!., eh bien !..
elle pleure, maintenant.. C’est drôle, ça me fait nn certain elTci...
augustine, continuant. Aussi , vois-tu , Baptiste... je ne fais qu’un vœu... je n'ai qu’on désir... c’est que ta pièce soit sidléc... qu'elle tombe au milieu des cris (lu public... et ça t'arrivera... si le ciel est juste...
Baptiste, la repoussant avec colère. Souhaiter la chute du ma pièce!.. Toi... Augustine !.. vouloir m’ertlendre siffler... Oh ! c’est infâme... c’est horrible!.. Va. je ne l’aime pas... je ne t’ai - jamais aimée... Laisse-moi!..