‹ Le presbytere drame en trois actes, en proseChapitre 5 sur 44 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AMBROISE , assis dans le fauteuil, une Bible sur les genoux ; KETTY, agenouillée près de lui.

KETTY, lisant, le doigt posé sur la Bible.

« Et en ce jour, Isaac prit Rébecca pour femme, « et l’Éternel bénit Isaac et Rébecca. » (Elle ferme la Bible.)

AMBROISE

Dieu fasse que mon fils Gotlieb * et sa chère Frida soient ainsi bénis ! (a Ketty, qui se lève.) Quelle heure est-il, mon enfant?

KETTY, regardant l’horloge.

Onze heures, mon père. (Elle pose la Bible sur la bibliothèque.)

AMBROISE

Alors, ils sont déjà arrivés à Lausanne.... Ils descendent du char.... Gotlieb mon fils, qui pour ce jour béni a voulu, suivant le vieil usage, reprendre le costume de nos montagnes, arrive le premier, avec Frida; puis Gertrude, ma chère femme.... Ils entrent dans la maison commune.... Le oui est prononcé. . . . Les voilà unis î . . . Ils se remettent en route. .. . Ils traversent la châtaigneraie, et les roues du char ont peine à tourner dans le sable humide.

KETTY

Vous voyez tout cela?

AMBROISE, souriant.

Et l’on dit que je suis aveugle?...

KETTY

Pauvre père ! si vous avez perdu la vue, c’est par excès de bonté, de dévouement; c’est parce que vous avez voulu aller, en plein soleil, au milieu des neiges, assister un pauvre montagnard qui se mourait!

AMBBROISE.

La place du pasteur n’est-elle pas là où l’on souffre, là où l’on pleure, là où l’on meurt?... Ne devais-je pas aider cette âine à remonter vers le ciel?

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