‹ Le presbytere drame en trois actes, en proseChapitre 8 sur 44 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

femme ; et mon fils Gotlieb, qui a terminé à Genève ses études de médecine.

MISS HARRIETT

Un jeune docteur! Bien, oh! yès, très-bien pour la santé de moi.

AMBROISE

Enfin, ma famille s’est agrandie aujourd’hui même; car mon fils se marie, et j’attends les nouveaux époux.

MISS HARRIETT

Présentez à moi, à présent, ce petite logis, if you please?

AMBROISE

Vous êtes ici au presbytère de Rose-Bois. Bâti sur une montagne, il domine la vallée ; et de tous les villages environnants les fidèles montent jusqu’ici, pour entendre la parole de Dieu.

MISS IIARRIETT.

Bien, oh ! yès, très-bien. Mais pourquoi le presbytère s’appelait Rose-Bois?

AMBROISE

Ce nom lui a été donné à cause de la quantité de rosiers sauvages, d’églantiers, qui croissent ici.

MISS HARRIETT. (Elle prend un bouquet d’églantiers dans son ombrelle.)

Oh! yès! moi avait déjà remarqué les églantiers, et avait cueilli ce bouquet, pour ma collection. (Elle

sentie bouquet, puis le remet dans son ombrelle.)

KETTY, regardant l’ombrelle avec étonnement.

Ah!

MISS HARRIETT. (Elle prend une lorgnette dans son ombrelle et lorgne le paysage.)

Ah ! c’était biautiful un bois de rosiers sauvages.

(Elle remet la lorgnette dans son ombrelle, dans laquelle elle prend un éventail, et s’évente.)

KETTY, regardant l’ombrelle de plus près.

Ah!

MISS HARRIETT

Cela étonnait vous, miss, devoir une ombrelle renfermer tout le confortable de moi. Je vais donner à vous l’explication.... Premièrement, je ne faisais jamais servir la ombrelle à cacher le soleil ; car le soleil était le meilleur ami, le véritable, le seul ami de moi. Mais j’aimais quelque chose autant que le soleil, c’était l’indépendance. Je voulais voyager toute seule, sans domestique, qui volerait moi, sans ami, qui ennuierait moi. Et j'avais acheté cette ombrelle pour remplacer domestique et ami. Je l’avais achetée solide, ah ! yès! pour m’appuyer sur sa solidité. . . et aussi très-grande, pour porter le bagage de moi (EUe pose ses gants et les jette dans son ombrelle.) Et elle était commode, oh! yès! très-commode (Elle sort une tabatière de son ombrelle) pour donner à moi toutes les satisfactions. (Elle prend une prise.)

KETTY, à Abel.

Elle est drôle, votre Anglaise.

MISS HARRIETT remet la tabatière dans son ombrelle, dans laquelle elle prend un petit miroir et un peigne. (Se regardant, en

lissant ses cheveux.)

La ombrelle remplaçait aussi une femme de chambre, ah ! yès .... (Elle remet le miroir et le peigne dans l’ombrelle.) (a Ambroise.) Et la mariée était de ce pays?...

AMBROISE

Non, c’est une Française, une Parisienne,

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