‹ Le Président Wilson et l'évolution de la politique étrangère des États-UnisChapitre 3 sur 49 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

américain se sent aujourd'hui un soldat de l'humanité et du droit.

C'est la voix môme de l'Amérique qui s'est exprimée dans le dernier message du Président Wilson, montrant aux démocraties ce que doivent être leurs aspirations et leurs buts de guerre. La France, qui depuis quarante-deux mois, a tout donné pour la plus juste des causes, ses enfants et ses hommes, son or, tout son labeur, la France, dont le sang a coulé à flots et qui pourtant à cette heure même attend, intrépide et l'épée haute, le choc formidable de ses ennemis, la France a plus de mérite peut-être que n'importe quelle autre des nations belligérantes, quand elle s'élève au-dessus de la poussière des combats pour discerner l'avenir, et quand elle écoute, au lieu de la voix légitime de la vengeance, la voix de l'humanité. Ses revendications sont celles du droit même : elle ne saurait y renoncer sans trahir les principes sacrés pour la défense desquels elle a été contrainte de prendre les armes. C'est pour elle une grande joie de voir inscrit explicitement, parmi les questions essentielles qu'a énumérées le Président Wilson, le retour de l'Alsace-Lorraine à sa vraie patrie. C'est l'attes-

IV PPÉKACR

talion par la grande République américaine que la réparation de l'iniquité perpétrée contre la France par la violence en 1871, n'intéresse pas seulement notre pays mais le monde entier et qu'elle doit être exigée comme condition de paix par tous les peuples libres et justes.

Dans les pages qui suivent, vous avez voulu, cher Sir Thomas Barclay, nous montrer avec simplicité et vérité, la carrière du Président Wilson, la formation de son esprit, l'élaboration de sa politique. Ecossais vous-même, vous pensez trouver dans les origines écossaises de l'illustre Président des Etats-Unis, une des raisons de son esprit de justice et de sa sympathie pour notre pays.

Les liens d'amitié séculaires qui unissent PEcosse et la France nous sont trop chers et trop présents à l'esprit pour qu'il soit utile de les rappeler. Nous concevons la fierté qu'éprouve tout Ecossais à songer que c'est dans sa vieille terre celtique qu'a pris racine la famille de celui qui sera considéré un jour comme un prophète de la démocratie.

Paul Painlevé.

17 janvier 1918.

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