‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 13 sur 92 · I . Bieureou, Pierre, Valeutin père · texte numérisé non relu

I . Bieureou, Pierre, Valeutin père

PIERRE

Voua en auriez voire part, maître Valentin, puisque votre fils est avec moi à la tète des travaux.

PÈRE VALENTIN

A la tète... à la tête... Dites donc à la queue! Vous l’employez comme simple ouvrier, et pourtant, sans lui, vous alliez faire de fameuses écoles, pour votre fameux ouvrage !

BIENVENU

Qu’appelez-vous... Allez-y donc, vous, à l’école! Vous me

faites pitié! (il s'assied prés de la table.)

PÈRE VALENTIN, se levant.

Ali ! vous ne me soutiendrez pas que votre plan n’ait pas eu besoin de lui, par exemple! Vous aurez beau dire que le bois debout ne s’écourtant jamais, il suffit de mettre quatre étais au lieu de deux, je vous dis, moi* que vos jennevelles étaient trop faibles pour votre arbre, et que ça aurait fait l’effet du chapeau à monsieur le curé sur la tête de son enfant de chœur. Vous y mettrez des chapiteaux, des moulures, des sculptures... mettezy des dorures si vous voulez ; mais ça ne fera pas qu’un pressoir ne soit pas un pressoir, que diable! Et sans les conseils de mon garçon, vous auriez fait du vôtre un joli petit dévidoir entre deux quenouilles* bon tout au plus pour une filandière !

BIENVENU, on coltro.

Père Valentin, vous êtes un envieux... Oui, un envieux! Je ne vous dis que ça !

PÈRE VALENTIN

Allons , bon ! vous croyez que je suis jaloux de n’avoir pas eu la commande? Vous n’èles pas encore content de me l’avoir en- * levée, moi, à qui elle revenait de droit? Car, enfin, c’est un ouvrage de charpente, et c’est la première fois que de mémoire d’homme, en ce pays, on en a chargé un menuisier?

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