ACTE I, SCÈNE XI
BIENVENU
Mais moi, j’ai le droit de la tourmenter! ... (Lui bûisUsaut les maies.) Voyons, mauvaise tète..,
REINE
Mon parrain, je ne peux rien vous dire.
PIERRE, passant à Reine.
Reine, c’est pourtant bien aisé d’ètre sincère ! Si vous me dites que peut-être vous vous raviserez, je croirai que vous avez le
COBUr et la conscience libres... — (Reine baisse la tdte et reste interdite.)
Vous ne pouvez même pas me dire : Peut-être ? — Allons! son choix est fait! (a Valentin avec colère.) Tu le savais, loi, tu le sais ! Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?
HEINE) vivement.
Non, il ne sait rien... Vous voulez que je vous le dise, et vous me poussez à bout? Ah! je n’aurais pas cru qu’on m’arracherait du coeur cette parole là... Eh bien, oui, j’aime quelqu’un ! quelqu’un qui ne le saura jamais, parce que c’est quelqu’un qui ne peut, ni ne veut se marier avec moi! Mais si je l’aime quand même!... je ne dois pas tromper un honnête homme en lui donnant ma parole, quand je sais que je 11e peux plus donner mon amitié !
(Un silence d’étonnement. Heine, effrayée de ce qu’elle vient de dire, reste absorbée.)
SUZANNE , allant près d'elle et lui prenant la main.
Allons... Laissez-la tranquille, à présent... Celui qu’elle voudrait... elle l’aura... car je le connais, moi! (b»« à Reice.) Et c’est Valentin , n’est-ce pas , ma mignonne?
HEINE) tressaillant.
Non, non!... ce 11’est pas lui..
SUZANNE) étonnée»
Non?... Qui donc alors?... (Laissant tomber la main de Roine 6t regardant autour délié.) C’est quelqu’un d’ici, car elle ne sort jamais sans moi , et je sais bien qu’elle n’a point d’amoureux au de-
hors, (negardmt No?l qui est près du dressoir et mange tranquillement). Il II y
a ici qu’un garçon qui ne soit pas libre de l’épouser?... UnoJi, arec dépit) Noël Plantier! il n’y a pas là de quoi rirel...
NOEI..
Dam!... mais je vous jure bien que ça n’est pas ma faute !
PIERRE, assis dans le fauteuil, arec dédain.
Comment? c’est vous? Je vous fais mon compliment!
(il tourne le dos ot lutte contre son dépit, sans pouroir lo cacher.) BIENVENU , stupérait. '
Ali çà , mais ! c’est qu’elle n’en disconvient pas ! Voilà qui est particulier !... Le prétendu do ma fille! par esprit de contradiction... par envie, par malice ! (En passant à l'extrémité du théâtre adroite). Oh! l’enfer est dans la cervelle des femmes! ( a noëi , qui a un air de modestie ritibie. ) Parlez donc , vous , là bas ! Dites lui
tout de suite qu’elle est une folle... une sotte ! Faites-lui honte !
NOËL, d’un air de protection.
Oui , je vas lui parler... à cette jeune enfant 1
SUZANNE
Tenez-vous tranquille! Il y a de votre faute là dedans ! J’en étais sure ! (A Reine , la repoussant. ) Et vous, vous devrioz rougir...
REINE , sortant comme d’un rêve.
Oh, Suzanne ! vous aussi?... Quest-ce que vous avez donc
tous contre moi? (Ello va vers le fond en pleurant).
Elle le demande? Sainte Ursule ! elle est timbrée , cette filleà , et nous serons forcés de la renfermer, si ça continue !
(En se retournant , il voit le père Valentin qui vient d'entrer , et qui écoute.)