I. Reine, Noël
sont pas la prudence même... qui laissent tomber par-ci , par-là une œillade sans penser à mal , un mot flatteur sans se méfier d 'eusse!... La jeunesse s’y trompe, à votre âge...
REINE
Eh bien , quoi donc? Qu’est-ce qu’il y a?
NOËL
11 y a , il y a... Dam ! C’est toujours un plaisir, un honneur à tout le moins, qu’une jolie fille comme vous... car vous êtes jolie, et quant à ça, ceusse qui diraient le contraire...
R E I N impatientée .
Merci! après?
Après... après... écoutez donc, il ne faut pas vous fâcher, mais ça ne se peut pas! Là, vrai, ça ne se peut pas.
REINE
Mais je ne vous entends» point !
NOËL
Mon Dieu , Reine , ça n’est pas ma faute non plus ! Si j’avais connu vos sentiments plus tôt, avant de donner ma parole... je ne dis pas que... Mais moi, je suis un honnête garçon, vous sentez!... J’ai bien été comme ça un peu... mais il faut qüe jeunesse se passe... et c’est pas une raison... quand une famille respectable... Elle en aurait tant de chagrin, la pauvre âme!... Elle est portée à la jalousie... Je ne peux pas trouver ça mauvais, et vous pensez bien... Voyons, faites-vous une raison ! Ça m'a coûté, l’idée du mariage, et il y en a bien d’autres comme vous qui m’en veulent; mais moi, je ne suis point de ceusse qui trompent. J’ai toujours dit: voulez-vous, ne voulez-vous, pas? C’est oui ou non; c’est pour un temps, c’est pas pour toujours! A présent, j’ai dit: c’est ppur toujours. Alors, c’est pour toujours! Vous comprenez?
REINE
PdS du tout ! (A Suzanne qui, pendant cette scène, a écoutii dans la maUnti,