ACTE I, SCÈNE II
N , SUZANNE
Eh bien , eh bien , est-ce que vous vous éveillez dans des idées noires, par hasard?
niENVEND.
Non : mais, si j’y allais?...
. REINE, lo retenant. 1
Vous ne feriez que les retarder avec vos impatiences. Vous nous avez promis d’être bien sage, de ronfler bien fort, et de nous raconter de jolis rêves 1
BIENVENU , les prenant toutes deux dans ses bras et les embrassant.
Chères petites ! comme elles me dorlottent l’âme et le corps ! Ah ! on peut bien dire que je suis le plus heureux père de famille qu’il y ait sous le soleil , et que , sous ce rapport-là , le soleil lui-même ne jette pas plus d’éclat dans les cieux que moi * sur la terre 1 !
SUZANNE
Ah î çà , mon père , c’est beaucoup dire !
REINE
Non , non. C’est sa grande belle humeur, quand mon parrain parle du soleil et de la lune.
BIENVENU
Ça n’est pa3 de9 vanteries! Je vous demande si l’astre du jour a autour de lui une famille de petits soleils comme ceux qui m’environnent! Regardez-moi un peu, quand, rasé do frais et revêtu de mon habit marron , je m'assieds dans le banc des margdilliers, pour assister aux vêpres paroissiales! A ma droite, mon fils Pierre , lisant les psaumes dans un livre d'Heures , ni plus ni moins qu’un gros bourgeois; à ma gauche ma bonne Suzon (n prend u main da Suianno. ) , la plus aimable personne de l’endroit, avec cent écus de dentelles sur sa cornette. — En face de moi , au lutrin , place avantageuse pour les gens de belle