‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 86 sur 92 · Valentin , Pierre · texte numérisé non relu

Valentin , Pierre

PIERRE

Ma femme? Quoi, .vous continuez... Ah! c’est trop, Valentin 1 Vrai , c’est trop, de venir faire le généreux avec moi quand vous me volez celle que j’avais choisie entre toutes !...

VALENTIN

Pierre, vous mentez!... Tu mens, Pierre, tu sais bien que tu mens ! „ -

PIERRE

Je ne sais rien ! Où prendrai-je le respect pour vos paroles , à présent? Qui me rendra la confiance? Vous avez fait de moi un impie! Je ne crois plus à l’amitié, ni à l’amour, ni à l’honneur... Je doute de Dieu et je ne sais plus rien de moi-même. Je sais que je vous méprise... Voilà toutl

V À L E N T I N j se contenant.

Pierre, taisez-vous! Cela est peut-être au-dessus de mes forces 1

PIERRE

Allons! lâche! Réveille-toi donc! Qu’est-ce que tu attends pour me rendre la haine que je te porte? Tu soupires comme un hypocrite, ou bien tu hausses les épaules de pitié? — Eh bien...

- (Ramassant une hachette de charpentier.) Je VCUX te faire Ulie injure dont

la trace survive à nos deux existences! — ( Allant au pressoir. ) Voilà ici nos deux noms tracés de ma main. Le voisinage du tien souille celui que m’a donné mon père ; je veux les séparer à jamais. Tiens ! (u frappe nn^ripuon d’un coup de hache.) Voila 1 éternel défi que tes yeux seront condamnés à lire tous les jours de ta vie, et dont tu te chafgeras d’expliquer la cause aux enfants qui

naîtront de toi. — ( Revenant vers Valentin qui est restd maître de lui. 1 ) Tu

ne réponds rien? J’espérais te pousser à bout! Mais tu es là tranquille... glacé! Tu ris en toi-même, ou tu trembles! — Eh bien, rampe donc, vipère ! Plie sous la crainte, si ce n’est sous

la honte ! Repens-toi ! OU bien... ( il l^ve la hache sur Valentin.)

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