‹ Le pressoir drame en trois actesChapitre 91 sur 92 · ACTE III, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XI

Et d’ailleurs, est-ce qu’il a le moyeu de faire des voyages d’agrément, lui?

BIENVENU

Si ce n’est que ça... on lui payera...

PÈRE VALENTIN,, en colère.

Payer? Qu’appelez-vous payer! Pour qui nous prenez-vous?..

(Repoussant Valentin qui veut l'emmener.) LaisSe-IUOi tranquille , toi ! Il

faut que tu sois devenu fou pour te sacrifier toujours à ces gens-là qui n’ont ni cœur ni raison, et qui veulent mettre tout le monde sous leurs pieds !

BIENVENU

C’est vous qui n’avez ni raison , ni cœur, de venir me faire une scène dans un pareil moment ! et de dire du mal de mon fils, quand c’est lui qui se sacrifie !

PÈRE VALENTIN

A qui donc , s’il vous plaît?

BIENVENU

Dam ! à... ( Regardant Plantier qui tient la main de Suzanne, à gauche.) à.*»

ma foi , je ne sais plus, moi ! Je n’y comprends plus rien. J’en ai la fièvre, de tout ce qui m’arrive aujourd’hui ! Et vous ôtes là à m’assassiner avec votre méchante langue... Tenez, allez-vousen ; on s’entendra quand vous n’y serez plus ! C’est vous qui mettez tout sens dessus dessous. Vous ôtes la peste des familles !

PÈRE VALENTIN

Plus souvent que je vas vous laisser fairo! Vous vous on moquez bien , vous , de perdre votre fils ! Vous avez du monde pour vous soigner, de la fortune pour vous enfler ! Vous boirez, vous mangerez, vous ferez vos embarras... Mais moi ( Pleurant et quereliant à la fois.), moi qui n’ai que cet enfant-là au monde, moi seul, moi triste, moi pauvre, un enfant si bon, si aimant... qui vaut dix fois le vôtre !

J cL

BIENVENU i attirant Valentin fils entre eux deux, f

Ah ça , est-ce que j’en dis du mal , moi , de votre garçon 1 * Est-ce que je ne l’aime pas...' comme s’il était à moi? C’est pas sa faute, s’il est votre fils! pauvre Valentin, va! ( fl a'attemirit. )

Si vous croyez que ça me réjouit de le perdre aussi , celui-là!

PÈRE VALENTIN

Et qu’est-ce que nous allons devenir tous les deux, je vous le

demande ? ( Ils se donnent la main sans s’en apercevoir.) Quand nOUS Serons

là à nous arracher les yeux...

BIENVENU

Pardié ! je le sais bien que ça ne les fera pas revenir ! (Allant k «on ois.) Voyons, il faut empêcher ça, que diable !

VALENTIN , à son pfcrc .

Mon père, écoutez-moi. Je vais chercher ailleurs un bon établissement pour nous deux.

REINE y defaillante.

Ainsi, vous... Valentin... c’est pour toujours?

BIENVENU j courant la retenir dans ses bras avcc'Noël.

Eh bien! eh bien! qu'est-ce qu’elle a donc, cette enfant-là?

SUZANNE j qui était remontée, prenant Pierre à part, (à droite.)

Tu vois, Pierre, elle en mourra !... Et lui ! celui que tu aimais tant, regarde-le !... Tout cela parce qu’au lieu de résister à ton orgueil, j’ai eu peur de te dire la vérité. Eh bien? la voilà, la vérité ! Te rend-elle bien fier? est-ce un beau triomphe ?

PIERRE, «pris un moment de lutte et d’hésiUiion.

Mon père! ne comprenez-vous pas?... Le secret de Reine lui échappe enfin ! Voici celui quelle aime ! (Montrant valent», et a» prenant la main.) Celui qui doit rester ! (Avec enthousiasme.) Et qui restera ! . ,

(Respirant comme avec soulagement.) Merci , ma SŒUr !

( I , No*l , Suianne, Rein», Bienvenu, Valentin fils , Valentin pire, Pierre*, à droite.

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